© TF1/LCIDepuis lundi, une file de camions longue de 8 km bloquait la voie de droite de la route entre Irun et Biriatou dans le sens Espagne-France. Mercredi soir, les polices française et espagnole ont contraint les routiers qui bloquaient ce passage de la frontière franco-espagnole à lever leurs barrages. Quelques heures plus tôt, la police espagnole avait fait dégager le passage frontalier de La Junquera. Les deux principaux accès encore soumis au blocus entre les deux pays sont donc rouverts, alors qu'ils étaient rendus inaccessibles depuis lundi par des transporteurs qui voulaient obliger les autres routiers à suivre le mouvement de grève lancé en Espagne pour protester contre les hausses des prix du carburant.
Mais si la frontière est dégagée, le mouvement continue ailleurs en Espagne, où la grève des routiers a commencé à provoquer des pénuries de carburant pour de nombreuses stations-services et grandes surfaces. Tout comme dans le Portugal voisin... Le ravitaillement en kérosène des avions a été suspendu à l'aéroport de Lisbonne, à l'exception des vols prioritaires, alors que du carburant a été livré sous escorte policière près de Lisbonne et dans le nord-est de l'Espagne.
Une grève dure émaillée d'incidents violents
Des dizaines de kilomètres d'embouteillages provoqués par des opérations escargots ont encore été signalés mercredi autour des grandes villes espagnoles, les principaux marchés de gros n'étant quasiment plus livrés en produits frais. Le lait, les oeufs, la viande fraîche ou le poisson, se font rares au rayons de certaines grandes surfaces. Ces pénuries ponctuelles sont aggravées par le fait que de nombreux consommateurs se sont rués sur les rayons pour faire des provisions. La grève des routiers pénalise surtout le secteur automobile, qui dépend de livraisons quotidiennes de pièces détachées. Des usines Seat, Nissan, Renault, PSA Peugeot Citroën et Mercedes Benz ont été totalement ou partiellement paralysées mercredi.
Le gouvernement espagnol a averti qu'il agirait avec "la plus grande fermeté" contre les piquets de routiers qui entravent la libre circulation et l'activité de leurs collègues non-grévistes. Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba a promis de garantir la livraison, sous escorte policière si nécessaire, des bien de première nécessité (carburant, nourriture, médicaments), et des pièces détachées pour le secteur automobile. Il a annoncé que 53 routiers ont été interpellés depuis mardi pour des actions illégales. La grève des camionneurs est émaillée d'incidents violents, tout comme dans le Portugal voisin : un routier a été grièvement brûlé dans la nuit de mardi et mercredi près d'Alicante alors qu'il dormait dans son camion incendié. Au Portugal, deux camions ont été brûlés et d'autres attaqués à coup de cailloux dans la nuit.
Les deux organisations minoritaires de routiers espagnols en grève (Fenadismer et Confedetrans) ont repris leurs négociations mercredi avec le gouvernement qui refuse de se plier à leur principale revendication : la fixation d'un tarif minimum. La Commission européenne a jugé mercredi que les pays européens "peuvent et doivent prendre des mesures ciblées pour appuyer les plus démunis" face à la flambée des prix du pétrole, tout en veillant à ne pas "retarder l'adaptation" à une économie moins dépendante des hydrocarbures.
D'après agence
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