La police intervient contre le blocus des routiers

le 11 juin 2008 à 21h43 , mis à jour le 11 juin 2008 à 22h03

Les polices française et espagnole ont dégagé mercredi soir les deux principaux passages encore bloqués par les routiers en colère.

transports camions routiers © TF1/LCI

Depuis lundi, une file de camions longue de 8 km bloquait la voie de droite de la route entre Irun et Biriatou dans le sens Espagne-France. Mercredi soir, les polices française et espagnole ont contraint les routiers qui bloquaient ce passage de la frontière franco-espagnole à lever leurs barrages. Quelques heures plus tôt, la police espagnole avait fait dégager le passage frontalier de La Junquera. Les deux principaux accès encore soumis au blocus entre les deux pays sont donc rouverts, alors qu'ils étaient rendus inaccessibles depuis lundi par des transporteurs qui voulaient obliger les autres routiers à suivre le mouvement de grève lancé en Espagne pour protester contre les hausses des prix du carburant.

Mais si la frontière est dégagée, le mouvement continue ailleurs en Espagne, où la grève des routiers a commencé à provoquer des pénuries de carburant pour de nombreuses stations-services et grandes surfaces. Tout comme dans le Portugal voisin... Le ravitaillement en kérosène des avions a été suspendu à l'aéroport de Lisbonne, à l'exception des vols prioritaires, alors que du carburant a été livré sous escorte policière près de Lisbonne et dans le nord-est de l'Espagne.

Une grève dure émaillée d'incidents violents

Des dizaines de kilomètres d'embouteillages provoqués par des opérations escargots ont encore été signalés mercredi autour des grandes villes espagnoles, les principaux marchés de gros n'étant quasiment plus livrés en produits frais. Le lait, les oeufs, la viande fraîche ou le poisson, se font rares au rayons de certaines grandes surfaces. Ces pénuries ponctuelles sont aggravées par le fait que de nombreux consommateurs se sont rués sur les rayons pour faire des provisions. La grève des routiers pénalise surtout le secteur automobile, qui dépend de livraisons quotidiennes de pièces détachées. Des usines Seat, Nissan, Renault, PSA Peugeot Citroën et Mercedes Benz ont été totalement ou partiellement paralysées mercredi.

Le gouvernement espagnol a averti qu'il agirait avec "la plus grande fermeté" contre les piquets de routiers qui entravent la libre circulation et l'activité de leurs collègues non-grévistes. Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba a promis de garantir la livraison, sous escorte policière si nécessaire, des bien de première nécessité (carburant, nourriture, médicaments), et des pièces détachées pour le secteur automobile. Il a annoncé que 53 routiers ont été interpellés depuis mardi pour des actions illégales. La grève des camionneurs est émaillée d'incidents violents, tout comme dans le Portugal voisin : un routier a été grièvement brûlé dans la nuit de mardi et mercredi près d'Alicante alors qu'il dormait dans son camion incendié. Au Portugal, deux camions ont été brûlés et d'autres attaqués à coup de cailloux dans la nuit.

Les deux organisations minoritaires de routiers espagnols en grève (Fenadismer et Confedetrans) ont repris leurs négociations mercredi avec le gouvernement qui refuse de se plier à leur principale revendication : la fixation d'un tarif minimum. La Commission européenne a jugé mercredi que les pays européens "peuvent et doivent prendre des mesures ciblées pour appuyer les plus démunis" face à la flambée des prix du pétrole, tout en veillant à ne pas "retarder l'adaptation" à une économie moins dépendante des hydrocarbures.

D'après agence

le 11 juin 2008 à 21:43
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3 Commentaires

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  • Tschumperlé, le 12/06/2008 à 01h51

    Ceux qui prennent l'initiative de bloquer les routes n'ont pas besoin du permis de conduire : on peut le leur retirer pour quelques mois. Mais nul n'osera le faire car le terrorisme est la propriété inaliénable de tous. Les Etats sont à genoux devant les corporations.

  • Combat, le 11/06/2008 à 23h37

    On laisse filer la spéculation et on réprime le travail ! Pâle réponse d'un système aux abois qui s'il est confronté à une offensive majeure du peuple, toutes catégories professionnelles confondues, se trouverait être sans nul doute confronté à son propre devenir. Que chacun prenne ses responsabilités et défendent son travail contre le capital financier destructeur. A partir du 16 beaucoup de professionnels et de salariés, ainsi que les consommateurs se doivent de se sentir mobilisés. Tout est à lutter et à construire tous ensemble.

  • Aigle, le 11/06/2008 à 23h27

    La Police doit intervenir avec la plus grande sévérité, pour casser les actions de ces brigands de grand chemin. Le droit de grêve ne signifie pas droit d'empêcher les autres de vivre. La population, victime, devrait d'ailleurs prendre ses affaires en main et briser ces profiteurs qui nous font croire qu'ils sont des victimes, alors qu'ils répercutent les hausses de carburant sur leurs prix. Les conducteurs ne sont pas concernés par la hausse du pétrole, ils essaient simplement de profiter lâchement de la situation.

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