L'arestation de Radovan Karadzic est un succès pour le président Serbe pro-européen Boris TadicLa capture lundi de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic pourrait accélérer la marche de la Serbie vers l'Union européenne, en permettant en premier lieu l'entrée en vigueur d'un accord capital de rapprochement jusqu'ici gelé.
"Ce développement illustre l'engagement du nouveau gouvernement de Belgrade de contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans. Il constitue une étape importante dans la voie du rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne", a déclaré la présidence française l'UE dans un communiqué, rejoint dans son analyse par la Commission européenne et le diplomate en chef de l'UE Javier Solana.
Cela "prouve la détermination du nouveau gouvernement serbe à arriver à une pleine coopération avec le Tribunal pénal international, c'est aussi très important pour les aspirations européennes de la Serbie", a ainsi estimé le président de la Commission José Manuel Barroso. La porte-parole de Javier Solana a souligné que l'arrestation de Radovan Karadzic survenait moins de deux semaines après la formation d'un nouveau gouvernement serbe pro-européen, y voyant une preuve de son "attachement fort aux valeurs européennes".
Les Pays-Bas, convaincus de la "pleine coopération" de Belgrade ?
La Serbie a signé fin avril un accord de stabilisation et d'association avec l'UE, première marche vers l'intégration à terme au bloc européen, mais le texte reste pour l'instant sans effet. Il ne pourra en effet entrer en vigueur que si Belgrade "coopère pleinement" avec le TPI. Après ce signal fort des autorités serbes, il s'agit de savoir si les Pays-Bas, dernier pays - avec la Belgique dans une moindre mesure - à s'opposer à la mise en œuvre de cet accord, considèreront comme suffisante l'arrestation de Karadzic pour juger de cette "pleine coopération". "Il est certain que l'arrestation de Karadzic est un immense pas en avant", a déclaré dans la nuit le ministère néerlandais des Affaires étrangères. "Il faudra voir dans les semaines à venir les conséquences que l'UE doit en tirer quant à ses relations avec la Serbie."
Jusqu'à présent, les Néerlandais, traumatisées par l'impuissance de leurs Casques bleus lors du massacre de Srebrenica, insistaient surtout sur l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, inculpé lui aussi de génocide pour son rôle à Srebrenica. "Je n'ai aucun doute que la capture de Karadzic aura un impact immédiat sur l'accord d'association. Je n'ai aucun doute que cela aura un impact sur les Néerlandais", a assuré mardi un diplomate européen, alors que les chefs de la diplomatie de l'UE doivent se retrouver en début de matinée à Bruxelles.
Lors de cette réunion prévue de longue date, les 27 devaient adopter une déclaration saluant le nouveau gouvernement serbe et ses engagements pro-européens, mais après cet événement, ils devraient totalement remanier leur texte, a ajouté le diplomate. Si l'accord d'association devait entrer en vigueur, et la coopération avec les magistrats de La Haye ne plus être un obstacle, la Serbie pourrait ensuite avancer très vite sur le chemin de l'UE.
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