Immigrants clandestins accueillis à leur arrivée en Italie © TF1/LCILa nouvelle, annoncée au lendemain de l'extension controversée par le gouvernement Berlusconi de "l'état d'urgence" contre "l'afflux d'immigrants", a secoué l'Italie. Deux enfants de 2 et 4 ans originaires du Nigeria, qui se trouvaient avec leur père dans une barque transportant 75 immigrés clandestins vers l'Italie, sont morts en mer et leurs corps ont été jetés à l'eau.
L'embarcation, un gros canot pneumatique, serait partie en début de semaine des côtes libyennes pour faire la traversée du canal de Sicile. Elle n'a été interceptée que ce week-end près des côtes italiennes. Le drame se serait donc noué pendant les quelques jours qu'a duré cette traversée périlleuse. Selon le récit du père, rapporté par l'agence Ansa, le petit garçon de deux ans a commencé à vomir la nuit qui a suivi le départ de l'embarcation. Il serait mort rapidement. Sa soeur de quatre ans serait ensuite morte de déshydratation.
L'embarcation a été secourue samedi par une vedette des gardes-côtes italiens. L'un des passagers souffrant d'une blessure infectée au pied a été transporté en hélicoptère vers un hôpital de Palerme. Les autres, dont onze femmes, ont été transférés sur l'île de Lampedusa qui dispose d'un centre d'accueil d'urgence.
Les structures d'accueil sont dépassées
Ce drame risque fort de gonfler la controverse née après la décision de Silvio Berlusconi, qui avait déjà adopté le délit d'immigration clandestine, d'étendre à l'ensemble du territoire l'état d'urgence contre l'immigration clandestine. L'ancien ministre de gauche Rosy Bindi, vice-président de la chambre des députés, a déjà dénoncé "un climat d'Etat policier". Un représentant du Vatican, Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du conseil pontifical pour les migrants, a insisté samedi pour que soit respecté "l'équilibre entre accueil et sécurité". Même en situation d'urgence "les droits de l'homme doivent être respectés", a-t-il souligné.
Le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a justifié cette décision par la nécessité de "renforcer l'assistance aux clandestins et de les accueillir dans toutes les régions dans des bâtiments en dur". Il a fait état de l'interception de 10.611 clandestins au cours des six premiers mois de 2008, contre 5378 de janvier à juin 2007. Rien que pour la journée de samedi, plus de 130 immigrés sont arrivés sur les côtes de Sardaigne, et 227 à Lampedusa, où le centre de premier accueil et de secours des immigrants, comptant 700 places, affichait quasiment complet samedi soir avec 641 personnes hébergées. Vendredi soir, l'ensemble des structures prévues pour prendre en charge les immigrants arrivés sans titre de séjour accueillaient 7359 personnes, selon le ministère de l'Intérieur.
D'après agence
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