Première comparution pour Karadzic

le 30 juillet 2008 à 11h49 , mis à jour le 31 juillet 2008 à 06h38

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, accusé de génocide, a été mis en détention mercredi à la prison du Tribunal pénal international de La Haye.

TPI KaradzicL'arrivée de Karadzic au centre de détention du Tribunal pénal international © TF1/LCI
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Karadzic : le point sur les
conditions de détention

Plus d'une semaine après son arrestation spectaculaire à Belgrade, Radovan Karadzic a été transféré mercredi matin en prison. Arrivé, à bord d'un avion officiel serbe, à Rotterdam, aux Pays-Bas, il a été transféré au centre de détention du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. L'ancien président des Serbes de Bosnie doit comparaître pour la première fois jeudi à 16 heures devant un juge du TPI, qui lui demandera s'il plaide coupable ou non des onze chefs d'accusation de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide qui pèsent sur lui pour son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995). L'accusé ne sera pas obligé de répondre immédiatement, et pourra utiliser le délai légal de 30 jours.
 
Tôt mercredi matin, le ministère serbe de la Justice avait confirmé dans un communiqué le départ de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie pour le TPI pour l'ex-Yougoslavie de La Haye. La nouvelle avait été annoncée dans la nuit par l'agence serbe Tanjug et confirmée peu après par une source proche des services de sécurité serbes. Les spéculations allaient bon train à Belgrade depuis les dernières heures de mardi où deux cortèges de voitures, avec notamment des véhicules aux vitres teintées, avaient quitté le Tribunal serbe pour les crimes de guerre où se trouvait Radovan Karadzic depuis l'annonce de son arrestation le 21 juillet. Mais c'est finalement aux environs de 3h45 que le convoi où se trouvait véritablement Radovan Karadzic a quitté le Tribunal, selon les agences serbes.
 
Le général Ratko Mladic recherché

Le transfèrement de Radovan Karadzic intervient quelques heures après une manifestation organisée par l'opposition nationaliste serbe dans le centre de Belgrade, qui a dégénéré en heurts entre quelques centaines de jeunes et la police. Les autorités serbes avaient annoncé le 21 juillet l'arrestation à Belgrade même, dans des circonstances passablement rocambolesques, de celui que la justice internationale réclamait depuis 1995. C'est en effet cette année-là que Radovan Karadzic avait été inculpé par le TPI pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Et depuis 1996, l'ancien dirigeant des Serbes de Bosnie avait disparu. Il est réapparu lors de son arrestation sous les traits méconnaissables d'un homme à l'abondante chevelure et barbe blanches, qui exerçait la médecine alternative sous l'identité de "Dr Dragan Dabic".

Le procureur du TPI Serge Brammertz à qualifié l'arrestation du fugitif de "succès majeur de la Serbie" dans sa coopération avec le Tribunal, lors d'une conférence de presse, exercice auquel se livre rarement le successeur de la très médiatique Carla Del Ponte. "J'espère que la coopération de la Serbie avec le Tribunal permettra d'appréhender les deux derniers fugitifs (...) Sans leur arrestation, nous ne pourrons mener à bien notre mission", a insisté M. Brammertz. Il a ajouté qu'il ne prévoyait pas de nouvelle évaluation de la coopération de Belgrade avant celle prévue en décembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies. A Bruxelles, l'Union européenne, qui a fait de la "pleine coopération" de Belgrade avec le TPI une condition pour la mise en oeuvre d'accords d'association, l'a salué comme "une étape importante (...) du rapprochement européen de la Serbie".
 
Les 27 pays de l'UE avaient averti les autorités de Belgrade que la Serbie ne pourrait pas avancer dans ses perspectives européennes tant qu'elles n'auraient pas arrêté Radovan Karadzic. Les Européens réclament encore l'arrestation de deux autres inculpés du TPI, et en particulier celle du général Ratko Mladic, le bras droit militaire de Karadzic pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). Le militaire paraît désormais en première ligne dans les recherches, même si son arrestation sera sans doute plus ardue en raison des soutiens qui lui sont généralement attribués.

(D'après agence)

le 30 juillet 2008 à 11:49
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1 Commentaires

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  • Fred, le 30/07/2008 à 14h39

    Milosevic, le Kosovo, maintenant Karazic pourquoi c'est toujours à sens unique au détriment des serbes? Ou sont les criminels de guerre albanais, kosovars, bosniaques? Qu'est ce que c'est que cette "justice" qui s'occupe uniquement d'une partie des responsables de cette guerre civile et épargne les autres? Sans compter les bombardements de l'OTAN en 1999 qui ne sont pas jugés alors qu'il y a aussi eu des victimes.

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