L'arrivée de Karadzic au centre de détention du Tribunal pénal international © TF1/LCIRadovan Karadzic est arrivé, à bord d'un avion officiel serbe, à Rotterdam, aux Pays-Bas mercredi matin, puis a été transféré au centre de détention du Tribunal de La Haye, plus d'une semaine après son arrestation spectaculaire à Belgrade qui avait mis fin à la cavale de l'un des fugitifs les plus recherchés au monde.
Tôt mercredi matin, le ministère serbe de la Justice avait confirmé dans un communiqué le départ de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie pour le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie de La Haye. La nouvelle avait été annoncée dans la nuit par l'agence serbe Tanjug et confirmée peu après par une source proche des services de sécurité serbes. Les spéculations allaient bon train à Belgrade depuis les dernières heures de mardi où deux cortèges de voitures, avec notamment des véhicules aux vitres teintées, avaient quitté le Tribunal serbe pour les crimes de guerre où se trouvait Radovan Karadzic depuis l'annonce de son arrestation le 21 juillet. Mais c'est finalement aux environs de 3h45 que le convoi où se trouvait véritablement Radovan Karadzic a quitté le Tribunal, selon les agences serbes.
Le général Ratko Mladic recherché
Le transfèrement de Radovan Karadzic intervient quelques heures après une manifestation organisée par l'opposition nationaliste serbe dans le centre de Belgrade, qui a dégénéré en heurts entre quelques centaines de jeunes et la police. Les autorités serbes avaient annoncé le 21 juillet l'arrestation à Belgrade même, dans des circonstances passablement rocambolesques, de celui que la justice internationale réclamait depuis 1995. C'est en effet cette année-là que Radovan Karadzic avait été inculpé par le TPI pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Et depuis 1996, l'ancien dirigeant des Serbes de Bosnie avait disparu. Il est réapparu lors de son arrestation sous les traits méconnaissables d'un homme à l'abondante chevelure et barbe blanches, qui exerçait la médecine alternative sous l'identité de "Dr Dragan Dabic".
Les 27 pays de l'UE avaient averti les autorités de Belgrade que la Serbie ne pourrait pas avancer dans ses perspectives européennes tant qu'elles n'auraient pas arrêté Radovan Karadzic. Les Européens réclament encore l'arrestation de deux autres inculpés du TPI, et en particulier celle du général Ratko Mladic, le bras droit militaire de Karadzic pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). Le militaire paraît désormais en première ligne dans les recherches, même si son arrestation sera sans doute plus ardue en raison des soutiens qui lui sont généralement attribués.
(D'après agence)
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