Holbrooke dément tout accord avec Karadzic

le 01 août 2008 à 09h47 , mis à jour le 01 août 2008 à 14h22

L'ancien négociateur américain a démenti, jeudi, avoir passé un accord avec Radovan Karadzic en 1995 qui lui aurait permis d'échapper à la justice.

[Expiré] [Expiré] holbrooke usa 2004 © AFP

L'ancien négociateur américain Richard Holbrooke a démenti, dans un entretien diffusé jeudi sur CNN, avoir passé un accord avec Radovan Karadzic qui lui aurait permis d'échapper à la justice internationale, comme l'a affirmé l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie.
 
Radovan Karadzic a évoqué jeudi au cours de sa première comparution devant le Tribunal pénal international (TPI) à La Haye un "accord" conclu avec Richard Holbrooke lors de la signature des accords de Dayton en 1995. Il a persisté, dans une motion écrite rendue publique vendredi : "Richard Holbrooke m'a promis que je ne serais pas jugé par le Tribunal pénal international."

L'accord stipulait qu'en échange de son retrait de la vie publique, la communauté internationale s'engageait à ne pas le pourchasser. "Mon engagement était de me retirer, de la vie publique, même de la vie littéraire", a déclaré Karadzic, ajoutant qu'"en échange, les Etats-Unis rempliraient leurs obligations". M. Holbrooke "parlait au nom des Etats-Unis d'Amérique", a ajouté l'ancien leader serbe.

"Grave erreur"
 
Richard Holbrooke, l'architecte de ces accords qui ont mis fin à la guerre de Bosnie en 1995, a déclaré sur la chaîne américaine qu'il avait obtenu de Karadzic l'engagement de son retrait de la vie politique en juillet 1996. "J'ai négocié un accord très difficile. Il devait se retirer immédiatement de ses deux postes de président de la partie serbe de Bosnie et de chef de son parti. Et il l'a fait", a déclaré M. Holbrooke. "Mais quand il a disparu, il a diffusé un message de désinformation [prétendant] que j'avais passé un accord avec lui [selon lequel] s'il disparaissait, nous ne le poursuivrions pas. C'était une déclaration complètement fausse". M. Holbrooke a également estimé que c'était une "grave erreur" que Karadzic n'ait pas été arrêté après les accords de paix. "Le commandant de l'Otan de l'époque a refusé de l'arrêter même s'il avait l'autorité pour le faire", a t-il déclaré.
 
M. Holbrooke a qualifié Karadzic d'"architecte intellectuel" de l'idéologie de haine ethnique en ex-Yougoslavie. "De tous les hommes diaboliques des Balkans, il est le pire", a-t-il encore asséné. Signés en novembre 1995, les accords de Dayton ont mis fin à la guerre de Bosnie, qui entre 1992 et 1995 a fait plus de 100.000 morts.

(D'après agence)

le 01 août 2008 à 09:47
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4 Commentaires

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  • Sablié, le 01/08/2008 à 14h53

    Ce ne serait pas surprenant qu'il y ait eu des promesses mais ça ne change pas grand chose au fait de savoir si ce Karadzic est un criminel ou non . Sur ce point on n'en saura pas plus à l'issue d'un procès où le verdict est écrit d'avance , ce tribunal ne réservant sa clémence qu'aux criminels bosniaques . L'unique suspense est savoir si la procédure aura l'air à peu près honnête ou pas ce qui n'est pas si facile quand la condamnation est obligatoire .

  • Hervé, le 01/08/2008 à 14h17

    En dehors des questions de fond, je ne serais pas étonné que Radovan Karadzic dise la vérité sur ce point ... Les Américains ont la seule mémoire de leurs intérêts immédiats. Je l'ai vécu trop souvent dans les affaires ....

  • Hervé, le 01/08/2008 à 14h17

    En dehors des questions de fond, je ne serais pas étonné que Radovan Karadzic dise la vérité sur ce point ... Les Américains ont la seule mémoire de leurs intérêts immédiats. Je l'ai vécu trop souvent dans les affaires ....

  • Francis, le 01/08/2008 à 13h26

    La parole de l'un vaut celle de l'autre

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