Après le crash, la thèse du moteur en feu mise en doute

le 22 août 2008 à 11h29 , mis à jour le 22 août 2008 à 14h12

Les images de l'accident de l'appareil de la Spanair, qui a fait 153 morts mercredi, ne montrent pas d'incendie au niveau du moteur gauche lors du décollage.

L'une des premières images, diffusées par la TV espagnole, du lieu du crash d'un avion de la Spanair (21 août 2008)L'une des premières images, diffusées par la TV espagnole, du lieu du crash d'un avion de la Spanair (21 août 2008) © TF1/LCI

Quelle a été la cause du crash d'un appareil de la Spanair à Madrid, qui a provoqué la mort de 153 personnes ? Pour l'heure, le travail des enquêteurs, loin d'éclairer l'accident, semble le rendre plus mystérieux encore. Mercredi, dès l'instant du drame, plusieurs médias espagnols avaient évoqué un incendie du moteur gauche lors du décollage. Ce que réfutent aujourd'hui divers journaux, citant notamment des experts ayant visionné des vidéos de l'accident.

Les images enregistrées par la direction des aéroports espagnols (Aena), non diffusées au public, ne montrent en effet pas d'incendie au niveau du moteur de l'avion de la compagnie Spanair, indique le premier quotidien généraliste espagnol, El Pais. "L'avion s'est élevé puis s'est écrasé au sol et a pris feu", affirme le journal. L'incendie a donc suivi, et non précédé le crash.

Un manque de puissance au décollage ?

Le directeur de l'Aviation civile, Manuel Bautista, interrogé par El Pais, assure qu'il y a eu "plus d'un dysfonctionnement" et qu'un "problème à un moteur ne peut pas être la cause d'un accident". Selon lui, "en ajoutant d'autres causes, l'avion peut effectivement tomber". L'avion n'aurait pas eu suffisamment de puissance au décollage, assure pour sa part le journal ABC, qui cite des sources proches de l'enquête. Et selon le quotidien El Mundo, citant des sources de l'aviation civile, des pièces du moteur gauche se seraient détachées et auraient endommagé le gouvernail de la queue de l'appareil, le déséquilibrant et entraînant sa chute.

Le directeur général de Spanair, Marcus Hedblom, s'est défendu par avance jeudi, lors d'une conférence de presse organisée à Madrid, assurant que "tout ce (qu'ils avaient) fait avec cet avion, (ils l'avaient) fait en respectant les règles et les normes". Spanair a reconnu que le pilote avait signalé avant le décollage un problème de surchauffe sur une prise d'air mais que ce problème avait été "résolu en accord avec les règlements". Pour sa part, un pilote de la compagnie, José Maria Vazquez, par ailleurs président du syndicat espagnol des pilotes Sepla, juge "qu'attribuer l'accident à la situation de la compagnie est une énormité". Dans les colonnes du journal El Pais, il affirme n'avoir "jamais vu de pressions sur les pilotes", et cite les statistiques de l'Association internationale du transport aérien : "un accident pour trois millions de vols. Spanair n'en a eu aucun en 20 ans et a transporté plus de 100 millions de passagers".

En attendant plus d'éléments sur l'accident, le long processus d'identification des corps se poursuit. Pour l'instant, une cinquantaine d'entre eux seulement ont pu retrouver un nom. L'identification par empreinte digitale n'est "possible que pour 59 personnes", avait indiqué jeudi la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega. L'identité des 94 autres devra être confirmée par des tests d'ADN. Les funérailles officielles des 153 tués auront lieu le lundi 1er septembre dans la capitale espagnole.

D'après agence

le 22 août 2008 à 11:29
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