Soldats dans les rues d'une grande ville italienne (4 août 2008) © TF1/LCIEn Italie, les cent premiers jours de la législature commencée le 29 avril ont été marqués par l'adoption d'une série de lois et décrets-lois visant à renforcer la sécurité et à lutter contre l'immigration clandestine, deux thèmes étroitement liés dans les discours de Silvio Berlusconi. Et cette tendance déjà marquée s'est symboliquement durcie en ce début de semaine, avec la mise en application d'un décret renforçant les mesures de sécurité dans les principales villes. Des centaines de militaires sont descendus dans les rues de cités comme Rome, Naples, Turin, Milan, première étape du déploiement annoncé de 3000 soldats.
Mais ce durcissement en Italie inquiète les instances européennes. A Strasbourg, le commissaire aux droits de l'homme au Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a remis récemment un rapport dans lequel il exprime ses craintes concernant "une tendance au racisme et à la xénophobie en Italie, qui vise principalement les Roms, les Sintis et tous les autres immigrés originaires de l'UE ou d'autres pays".
"Que fera un soldat face à un cambrioleur ?"
Ce déploiement militaire durera au moins six mois, dans le cadre de la campagne sécuritaire très controversée conduite par Silvio Berlusconi, élu en avril dernier à la tête du gouvernement. Les adversaires de l'envoi de soldats dans les rues des grandes villes affirment que cette mesure aura peu d'effet sur la criminalité, qui est pourtant la cible désignée de cette démonstration de force.
Achille Serra, ancien préfet de Rome aujourd'hui sénateur d'opposition, a jugé l'initiative "inutile et sans effet", en s'interrogeant : "Je vous rappelle que nous ne sommes pas à Beyrouth. Je me demande ce qu'un soldat fera face à un cambrioleur ou à un voyou". Et pour Roberta Pinoti, membre du parti démocrate de Walter Veltroni et "ministre de la Défense fantôme" de l'opposition, la mesure "n'est qu'un effet d'annonce" qui "masque les restrictions effectuées par le gouvernement dans le budget de l'armée et de la police".
L'armée avait déjà été envoyée à la rescousse de la police en 1992, mais seulement en Sicile après l'assassinat par la mafia des juges Paolo Borsellino et Giovanni Falcone. "En 1992, rien qu'en Sicile, il y avait 20.000 hommes. Aujourd'hui, pour toute l'Italie, ils sont 3000", relativise dans les colonnes de La Repubblica un ancien chef d'état-major de l'armée, le général Mario Buscemi. "Il est clair que cette fois ce soutien aux forces de police sera plutôt symbolique". Le préfet de Milan a pourtant salué la décision du gouvernement et le maire de Bari, dans le sud du pays, a estimé que cette initiative allait "rassurer" la population.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





