Dmitri Medvedev - Bernard Kouchner - le 26 août 2008 © TF1-LCI/France2- Medevedev impassible
Medvedev s'attire les foudres des Européens et des Amricains (lire notre article avec toutes les réactions), après avoir reconnu mardi l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Mais c'est impassible que le président russe est apparu dans un entretien exclusif TF1-LCI, accordé quelques heures après l'annonce choc. Si les Européens "veulent une dégradation, ils l'obtiendront", a calmement expliqué le président russe, accusant Washington d'armer la Géorgie. "Dans le port de Poti on décharge des marchandises, des navires américains viennent, ils ravitaillent les Géorgiens en armement, tout va bien", a-t-il ironisé, ajoutant : "ils font ce qu'ils veulent". Il dit avoir a adressé une lettre d'explications à plusieurs dirigeants occidentaux, dont Bush, Sarkozy, Merkel et Berlusconi.

Exclusif TF1-LCI > l'interview intégrale de Dmitri Medvedev,
réalisée par Vincent Hervouët depuis Sotchi,
à 40 km de la frontière géorgienne
Autre coup de force : après avoir décidé mardi matin de suspendre ses exercices communs avec l'Otan, sauf ceux en Afghanistan, la Russie a souhaité mardi soir que le Conseil de sécurité de l'Onu condamne les raid aériens des forces étrangères sous commandement américain qui font des victimes civiles en Afghanistan, selon des sources diplomatiques à New York. Un message fort envers Washington, alors que le bombardement de la coalition qui a tué 90 civils la semaine dernière en Afghanistan était sous commandement US. Georges W. Bush a averti la Russie qu'elle devait "reconsidérer cette décision irresponsable". Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Barack Obama, a à son tour "condamné" mardi soir la décision de Moscou, disant vouloir que la communauté internationale agisse pour isoler Moscou. Peu de temps après, le candidat républicain John McCain a dénoncé la "politique d'annexion de facto" de la Russie.
Le président russe a aussi averti que Moscou répondrait par des moyens militaires au déploiement de missiles américains à proximité de ses frontières, évoquant les éléments du bouclier antimissile que Washington entend installer en Europe de l'Est. La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a signé la semaine dernière en Pologne un accord prévoyant l'installation de dix missiles intercepteurs en Pologne.
- Saakachvili appelle
Egalement interrogé sur TF1, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a présenté la décision russe comme "un coup de force" qui "bouleverse totalement l'ordre international". "Ils ont rompu leur parole, ils n'ont pas tenu leurs promesses", a-t-il dit.

L'interview de Mikheïl Saakachvili en direct dans le JT de 20h de TF1
- Kouchner inquiet
Au même moment, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, tenait, sur France 2, un discours dramatique. Interrogé sur une possible nouvelle guerre froide dont Moscou a dit ne "pas avoir peur", il a répondu : "on a peur d'une guerre et on n'en veut pas. Qu'elle soit chaude, et on n'en veut pas". "Si elle n'est que froide, ce n'est pas grave", a-t-il répété. Bernard Kouchner a aussi accusé les autorités russes de préparer des opérations de "nettoyage ethnique" en Ossétie du Sud. "On dit que cette nuit, les troupes russes vont pousser devant elles - nettoyage ethnique, épuration ethnique -, vont pousser les populations vers la Géorgie pour que ce bout d'Ossétie soit homogène", a-t-il ajouté. "Ça n'est pas acceptable. Il ne faut pas tout accepter", a-t-il souligné. Accusation reprise par le président géorgien, dans une interview à la BBC mardi : les forces russes "se sont livrées et continuent de se livrer" à un "nettoyage ethnique" en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

L'interview de Bernard Kouchner sur France 2
Lire aussi toutes les réactions internationales à la décision russe
Retour MYTF1
Chargement en cours...




