Des blindés russes à Sénaki en Géorgie © DR![]() |
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Est-ce vraiment le retrait russe, 48 heures après la signature par Moscou du cessez-le-feu ? Les informations sont encore contradictoires. Si l'on en croit l'état major russe, les forces russes commençaient à la mi-journée -comme promis par Dmitri Medvedev- de se retirer de Géorgie, conformément au plan de paix en six points conclu sous médiation de la France qui préside l'UE.
Il n'en est rien, répond Tbilissi. En début d'après-midi, la Russie ne retirait pas ses troupes, a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien. Un peu plus tôt, le ministère de l'Intérieur géorgien affirmait qu'il ne voyait "pas de signes" indiquant un départ des troupes russes et même que les troupes russes avançaient encore lundi dans des zones du centre-ouest du pays. Du coup, Paris a affirmé, par la voix du porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, qu'elle demeurait "vigilante sur le respect des engagements". Et selon le Pentagone, la Russie a installé plusieurs missiles de courte portée SS-21 en Ossétie du Sud, ce qui pourrait mettre la capitale géorgienne, Tbilissi, à portée de tirs.
Sur le terrain, pas de mouvement clair
Car, sur place, les journalistes n'ont pour l'heure constaté auncun réel signe du retrait russe. De nombreux blindés russes se trouvaient toujours lundi après-midi aux alentours et dans la ville même de Gori, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Tbilissi. Les Russes y distribuaient de l'aide alimentaire, mais les habitants de cette ville géorgienne proche de l'Ossétie du Sud disaient presque tous qu'ils préféreraient les voir partir. Un groupe de journalistes étrangers amenés par l'armée russe a croisé quelques blindés dans les rues de Gori. Selon les habitants, la ville en est pleine.
Quatre explosions ont par ailleurs retenti lundi après-midi autour d'une base militaire géorgienne de l'ouest du pays occupée par l'armée russe, selon un journaliste de l'AFP sur place. Les troupes russes étaient d'ailleurs toujours à l'intérieur de cette base. Et aucun signe ne laissait croire qu'elles allaient en partir. Selon un lieutenant géorgien, les forces russes s'attachaient à détruire les munitions que l'armée géorgienne y avait abandonné. Des camions militaires et des véhicules ont par ailleurs quitté une autre base dans la matinée... se dirigeant, selon l'AFP, dans le sens opposé à un retour en Russie.
Selon Tbilissi, deux chars russes ont en outre forcé un barrage policier géorgien, détruisant deux véhicules des forces de l'ordre à Igoïeti, à 30 km de la capitale. Plus au nord, à Zaramag, le poste de frontière sur le versant russe de la chaîne du Caucase qui contrôle le passage entre la Russie et l'Ossétie du sud, des camions militaires et d'aide humanitaire se croisaient dans les deux sens mais les troupes russes ne semblaient opérer aucun retrait massif.
Saakachvili / Medvedev : la guerre des mots continue
De son côté, le président russe Dmitri Medvedev a de nouveau menacé : "Si quelqu'un pense qu'il peut tuer impunément nos citoyens, tuer des soldats et des officiers qui servent dans les forces de maintien de la paix, nous ne le permettrons jamais. Tous ceux qui tenteront de le faire recevront une riposte foudroyante". "Nous ne voulons pas aggraver la situation internationale, mais nous souhaitons que l'on nous respecte, notre Etat, notre nation, nos valeurs", a-t-il poursuivi. L'agression géorgienne "ne doit pas rester impunie", a-t-il ensuite déclaré, en arrivant lundi après-midi à Vladikavkaz, dans le sud de la Russie, près de l'Ossétie du Sud.
Lundi matin, à la télévision, le président géorgien Saakachvili avait pour la première fois appelé à des négociations avec la Russie. Exigeant toutefois auparavant le "retrait sans délai (...) Ensuite, commençons à réfléchir, à négocier sur la manière d'éviter un divorce définitif entre nos deux pays", a-t-il dit dans un discours à la télévision. "La Géorgie ne se rendra jamais, ne tolérera jamais la perte de la plus petite parcelle de son territoire", a-t-il insisté.
Les alliés occidentaux du président géorgien ont de leur côté accentué la pression sur Moscou. Ainsi Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a appelé à un retrait "sans délai" de "toutes les forces russes" entrées en Géorgie depuis le 7 août, affirmant que ce point n'était "pas négociable", dans une tribune au Figaro (de lundi). Et il a de nouveau mis en garde la Russie : "Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer".
Processus à l'ONU en panne
Dimanche soir, le président de la république ossète, Edouard Kokoïty, a limogé son gouvernement et proclamé l'état d'urgence dans cette région également séparatiste de Géorgie, reprochant notamment à son gouvernement une distribution lente de l'aide humanitaire aux habitants. Par ailleurs, les projets militaires à long terme de la Russie en Géorgie suscitent de nouvelles tensions. Moscou prévoit de déployer dans l'ex-république soviétique des soldats de maintien de la paix dont le nombre n'est pas spécifié, inquiétant les dirigeants géorgiens qui y voient le signe d'une "occupation" à long terme.
Pour sa part, le représentant russe auprès de l'Otan a affirmé lundi que Moscou allait revoir ses relations avec l'Alliance atlantique, à la suite des déclarations "intolérables" de ses responsables sur le rôle de la Russie dans le conflit en Géorgie. Aux Nations unies, les consultations prévues au Conseil de Sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (autre territoire séparatiste géorgien pro-russe) étaient en panne, selon un porte-parole de l'ONU.
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