Hommages à Soljenitsyne, "grande conscience" russe

le 04 août 2008 à 06h50 , mis à jour le 04 août 2008 à 17h01

De Nicolas Sarkozy à Bruno Gollnisch en passant par François Fillon, les politiques français ont rendu un hommage unanime à l'auteur de "L'archipel du goulag".

Alexandre SoljenitsyneAlexandre Soljenitsyne © DR

- Nicolas Sarkozy a salué en Alexandre Soljenitsyne "l'une des plus grandes consciences de la Russie du XXème siècle", un écrivain qui, "né un an après la révolution russe, a, pendant les très longues années de la terreur soviétique, incarné la dissidence". Pour Nicolas Sarkozy, "son intransigeance, son idéal et sa vie longue et mouvementée, font d'Alexandre Soljenitsyne une figure romanesque, héritière de Dostoïevski. Il appartient au panthéon de la littérature mondiale".

 - François Fillon a appris "avec une vive émotion" la mort du "grand romancier dissident russe" qui a, "par ses ouvrages (...), révélé la réalité du totalitarisme stalinien et du monde concentrationnaire. Expulsé d'URSS, privé de sa citoyenneté soviétique, condamné à l'exil, Alexandre Soljenitsyne restera aux yeux du monde un écrivain politique engagé". 

 - Christine Albanel a salué pour sa part la mémoire "d'un des plus grands écrivains que la Russie contemporaine ait donné au monde", en soulignant : "Avec Alexandre Soljenitsyne, disparu hier à l'âge de 89 ans, s'éteint une voix qui s'éleva il y a plus de soixante ans, dès la fin de la seconde guerre mondiale, pour dénoncer les crimes du stalinisme, et que rien ne put ensuite éteindre. Il appartient à l'histoire et à la philosophie politique de discuter de ce qu'il pouvait y avoir dans cette voix d'archaïque, voire, parfois, de réactionnaire. Cette voix fut celle de la liberté".

 - Rama Yade a rendu hommage à un "immense écrivain dont la voix et la conscience ont illuminé en le dénonçant l'univers concentrationnaire soviétique", un "écrivain de la liberté, au souffle prophétique, dont les cycles romanesques ont charrié le rêve inflexible de l'homme contre les pouvoirs totalitaires qui oppressent", et qui "aura su incarner l'âme russe et européenne et cet idéal humaniste qui est à la source de tout universalisme".

 - Pour Bruno Gollnisch, "la mort du grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature, rappellera du moins son existence à bien des médias occidentaux, qui n'avaient pas attendu cet événement pour l'enterrer". Pour le vice-président exécutif du FN, "il a dérangé par sa révélation de l'horreur du communisme dans ses remarquables fresques historiques, ses romans, ses essais".

 - Jacques Chirac a salué "un grand combattant pour la vérité" et une "figure de la liberté". "Héritier des géants de la littérature russe, historien d'exception, Alexandre Soljenitsyne restera dans nos mémoires comme un intellectuel qui aura su apporter à la fois son témoignage empreint de souffrance, et son regard acéré et juste sur les drames du totalitarisme au XXème siècle."

- Le PCF a qualifié lundi l'écrivain et figure de  la dissidence soviétique Alexandre Soljenitsyne, mort à Moscou, de "grand  dénonciateur" qui a raté le rôle de "grand réconciliateur". Dans un communiqué, Gilles Garnier, membre du comité exécutif du PCF, affirme il a eu "raison, en 1974, de  protester fermement contre son expulsion et sa déchéance de la nationalité  soviétique." Mais "son long exil de vingt ans et son retour en 1994 avaient fait de lui  cet ermite rejetant l'occidentalisation de son pays en s'appuyant sur des  thèses surannées", poursuit le PCF, qui le dit "fasciné par une logique  grand-russienne et slavophile, pouvant friser avec un antisémitisme redevenu de  saison."

- Philippe de Villiers, président du Mouvement pour  la France, a jugé lundi qu'avec Alexandre Soljenitsyne, "le  monde vient de perdre le plus grand dissident du XXème siècle" et proposé de  faire découvrir son oeuvre aux écoliers. L'eurodéputé et président souverainiste du conseil général de Vendée a  souhaité que "dans toutes les écoles de France, à la rentrée, on lise quelques  pages de Soljenitsyne".

- Bernard  Kouchner, le ministre des Affaires étrangères a rendu hommage à Alexandre Soljenitsyne, "un homme courageux qui  incarnait, à bien des égards, la conscience de l'humanité face au  totalitarisme". "Pour tous ceux qui, en France et ailleurs, ont fait des Droits de l'Homme  une exigence indépassable, l'oeuvre d'Alexandre Soljenitsyne a valeur de  modèle", poursuit-il. "J'avais eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises. Pour moi et  pour ma génération, la lecture d'"Une journée d'Ivan Denissovitch" a été un  véritable choc", confie le ministre.

- Dmitri Medvedev, le président russe, a estimé  lundi que l'écrivain Alexandre Soljenitsyne avait été "un des plus importants  penseurs, écrivains et humanistes du XXe siècle", dans un télégramme de  condoléances adressé à ses proches, selon les agences russes.

- Mikhaïl Gorbatchev, l'ancien président soviétique, a salué en Alexandre Soljenitsyne un "homme au destin unique" qui fut l'un des premiers à dénoncer "à voix haute le caractère inhumain  du régime stalinien". "Alexandre Soljenitsyne a traversé des épreuves difficiles comme des  millions de citoyens du pays", a-t-il déclaré.

- François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), a évoqué lundi la "gratitude de toute une génération" envers Alexandre  Soljenitsyne, "l'un des esprits les plus combattants" du siècle passé. "A l'annonce de la mort d'Alexandre Soljenitsyne, c'est un mouvement de  gratitude que toute une génération a besoin d'exprimer", a déclaré le  leader centriste. "C'est par les livres de Soljenitsyne que nous avons, à 20 ans, compris ce  qu'était le goulag et combien le goulag et ses camps de concentration étaient  partie prenante de la réalité soviétique."

(D'après agences)

le 04 août 2008 à 06:50
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