Première apparition de Radovan Karadzic devant le TPI pour l'ex-Yougoslavie le jeudi 31 juillet 2008 © DRLe procès de Radovan Karadzic promet d'être riche en révélations et autres rebondissements. A en croire l'édition de samedi du quotidien serbe Blic, l'ex-leader des Serbes de Bosnie, inculpé pour génocide et crimes de guerre, aurait été protégé par les Etats-Unis jusqu'en 2000, date à laquelle la CIA l'a surpris en train de rompre les termes de l'accord qui le liait à eux et qui lui permettait d'échapper à la justice internationale. Autre révélation, et non des moindres : dans le cadre de cet accord avec la CIA, Radovan Karadzic aurait également été protégé d'une arrestation par d'autres services de renseignement, comme ceux de France et de Grande-Bretagne, écrit Blic.
Conversations téléphoniques interceptées
Radovan Karadzic, qui a comparu jeudi pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) à La Haye, a assuré que l'émissaire américain Richard Holbrooke, l'un des architectes de l'accord de paix en Bosnie, en 1995, lui avait promis qu'il échapperait à la justice internationale s'il se retirait de la vie publique.
Selon le journal Blic, citant "une source du renseignement américain bien informée", en l'an 2000, la CIA intercepte des conversations téléphoniques de l'ancien chef des Serbes de Bosnie, démontrant clairement qu'il dirige personnellement encore son parti, le SDS. Ce, en dépit de "leur accord stipulant qu'il ne devait pas s'occuper de politique". Concernant cet accord, la source citée par le quotidien serbe, n'est "pas sûre qu'il y ait eu un document écrit confirmant" son existence. Toutefois, elle affirme "que Holbrooke a admis que des garanties verbales avaient été fournies à Karadzic au plus haut niveau" américain. Richard Holbrooke n'a de cesse depuis la comparution de Karadzic de démentir l'existence de ce pacte secret (lire notre article).
"En Amérique, ils sont devenus furieux"
"Au cours de l'année 2000, au moment des élections (générales de novembre) en Bosnie, la CIA apprend qu'une réunion du SDS s'est tenue dans la localité de Bijeljina (est de la Bosnie), dirigée personnellement par Karadzic : il donnait des instructions aux militants et désignait les membres de la direction qui devaient être remplacés ou encore les personnes qui devaient être nommées et à quelles positions", précise toujours la même source. Karadzic "était personnellement engagé dans toutes les activités du SDS. En Amérique, ils sont devenus furieux lorsqu'ils ont réalisé que Karadzic se payait leur tête de la sorte". Les Américains et la CIA ont décidé alors d'interrompre la "protection informelle" dont bénéficiait l'ancien chef des Serbes de Bosnie, conclut la source.
| Un ancien ministre serbe "témoin" d'un accord Holbrooke-Karadzic |
Aleksa Buha, ministre des Affaires étrangères des Serbes de Bosnie, est catégorique : "Holbrooke m'a formellement promis que Karadzic ne serait pas concerné par le tribunal de La Haye s'il se retirait pour toujours de la vie politique." Dans une interview accordée samedi à Radio Belgrade, il assure avoir été témoin en 1996 d'un accord entre l'émissaire américain Richard Holbrooke et Radovan Karadzic. Cette promesse de a été faite au cours d'une réunion à Belgrade "dans la nuit du 18 au 19 juillet 1996", a assuré Aleksa Buha, qui ajoute que Slobodan Milosevic, à l'époque président yougoslave, Milan Milutinovic, alors ministre yougoslave des Affaires étrangères, étaient également présents à cette réunion. |
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