Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCIAprès cinq jours de violents combats dans la province géorgienne d'Ossétie du Sud, Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner tentent de convaincre les autorités russes d'accepter un cessez-le-feu, ce que le Kremlin rejette pour l'instant. En mission de médiation à Tbilissi où il est arrivé dimanche soir, le ministre des Affaires étrangères, attendu à Vladikavkaz, en Russie, lundi, a ainsi annoncé que le président français, dont le pays préside en ce moment l'Union européenne, se rendra mardi à Moscou. Il pourrait également rencontré mardi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. A Bruxelles, une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE aura lieu mercredi, preuve que l'Union européenne a pris le dossier en main.
Interrogé sur RTL depuis Tbilissi, Bernard Kouchner a déclaré que Mikhaïl Saakachvili avait accepté "à peu près toutes les propositions" du plan européen destiné à mettre fin aux hostilités. "Nous l'avons trouvé déterminé à faire la paix", a-t-il ajouté alors que des bombardements des forces russes et géorgiennes ont été de nouveau signalés lundi. Mais du côté de Moscou, les choses coincent. La Russie a en effet rejeté lundi l'offre de cessez-le-feu formulée par la Géorgie, affirmant qu'elle n'était pas même encline à étudier un tel document pour l'instant. Sur CNN, le premier vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov a également écarté lundi les propositions de l'Union européenne, estimant que Tbilissi devait négocier directement la fin du conflit avec les régions concernées.
Le ton monte entre Washington et le Kremlin
Pour Bernard Kouchner en tout cas, l'Union européenne doit être en première ligne pour un réglement du conflit entre la Russie et la Géorgie car les Etats-Unis sont "part du conflit d'une certaine façon". Les Américains, soutiens de la Géorgie dans la région, ont effectivement haussé le ton et ont directement accusé le Kremlin de déstabiliser la région. Le dialogue a rapidement pris des airs de guerre froide. George W. Bush a qualifié d' "inacceptables" les "agressions" russes, soulignant que cela aurait de "graves conséquences" sur ses relations avec Washington. L'émissaire diplomatique dépêché par les Etats-Unis dans le Caucase a même accusé la Russie d'avoir mûrement préparé "l'invasion" de la Géorgie.
Vladimir Poutine a répliqué lundi aux pays occidentaux en déclarant que ces derniers se trompaient de cible dans leurs critiques envers Moscou et prenaient les agresseurs pour les victimes dans le conflit russo-géorgien. Interrogé par la télévision publique, le Premier ministre et ancien président russe a visé en particulier les Etats-Unis en notant qu'en facilitant le rapatriement du contingent géorgien déployé en Irak, ils essaient de gêner les opérations militaires russes en Ossétie du Sud. La Russie conduira "sa mission de maintien de la paix" en Ossétie du Sud jusqu'à sa "conclusion logique", a ajouté Vladimir Poutine.
(D'après agence)
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