© AFP/DIMITAR DILKOFF| Les Géorgiens chassés de chez eux en Ossétie du Sud |
Depuis l'annonce ce week-end d'un cessez-le-feu accepté par les deux parties, tous les signes d'un début de retrait russe de Géorgie sont impatiemment guettés. En vain jusqu'à présent. Jour après jour, Moscou affirme que le retrait va commencer, qu'il a commencé, qu'il est en cours... sans que les observateurs, sur le terrain, n'en voient le moindre signe. C'est donc une démonstration hautement symbolique à laquelle s'est livrée l'armée russe ce mardi à Gori en donnant le départ, devant les journalistes étrangers, d'une colonne de blindés.
Une colonne comprenant en tout et pour tout sept blindés, trois chars et deux camions militaires, appartenant à la 58ème armée russe, transportant 120 soldats... Mais il s'agit là, selon l'armée, d'une première concrétisation du retrait. Devant les caméras de télévision, un lieutenant-colonel russe a donné l'ordre à ce groupe de prendre la direction de Tskhinvali, en Ossétie du Sud, et de continuer ensuite vers le nord, jusqu'à Vladikavkaz, première ville russe après la frontière. "C'est une des premières colonnes à quitter la Géorgie", a affirmé un officier russe sur place aux journalistes étrangers. De tels départs de troupes russes surviennent "bien entendu au même moment en plusieurs endroits différents" pour retrouver leurs lieux de cantonnement, a insisté le porte-parole de l'armée de terre. Mais l'évacuation, devrait prendre, selon le Kremlin, au moins trois jours. Medvedev a déclaré au président français Nicolas Sarkozy par téléphone que "D'ici au 22 août, une partie des soldats de maintien de la paix aura été retirée vers la zone de sécurité temporaire", précise le Kremlin dans un communiqué. "Le contingent restant, qui a servi de renforts aux soldats de maintien de la paix, sera retiré vers le territoire d'Ossétie du Sud et de Russie", a ajouté le Kremlin.
Mouvements de troupes à la frontière avec l'Abkhazie
Jusqu'alors, les mouvements des troupes russes en Géorgie étaient difficilement interprétables. Des Géorgiens assuraient que de tels mouvements, loin de signifier un retrait, marquaient plutôt une occupation plus en profondeur de la Géorgie. Mais les autorités russes réclamaient du temps. Mardi matin encore, sur France Inter, le représentant permanent de Moscou auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, assurait que le retrait avait commencé. Des assurances qu'il relativisait toutefois aussitôt en précisant que l'application du plan de paix prendrait "quelques jours" et que des soldats de la paix russes resteraient en Ossétie du Sud. Mais pour l'Otan, quoi qu'en dise la Russie, il n'y a toujours "aucun signe de retrait russe de Géorgie".
Mais hors d'Ossétie du Sud, d'autres mouvements des troupes russes concernent désormais l'autre région séparatiste de Géorgie, l'Abkhazie. A la limite entre la république autoproclamée et la région contrôlée par Tbilissi, les militaires russes se livraient ainsi mardi à un étrange ballet, certains quittant le territoire sous autorité géorgienne et d'autres y pénétrant. Vers la mi-journée, un journaliste étranger a pu voir un convoi formé de dix-neuf véhicules militaires russes franchissant cette limite, par le village de Roukhi, dans le nord-ouest de la Géorgie. Ils avaient quitté dans la matinée la base militaire géorgienne qu'ils occupaient à Teklati, à une quarantaine de kilomètres plus au sud.
D'après agence
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