Combats en Ossétie du Sud, le 9 août 2008 © TF1-LCI
Après deux jours de combats acharnés et meurtriers (les bilans sont flous, mais il y aurait des dizaines, peut-être des centaines de morts et 30.000 personnes en fuite, soit la moitié de la population d'Ossétie du Sud : lire notre article), la communauté internationale semble passer des paroles aux actes. Une mission conjointe de l'Union européenne et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) était attendue samedi soir en Géorgie pour tenter de favoriser une trêve. Et, tandis que le Conseil de sécurité de l'Onu se réunissait de nouveau à New York, le président Nicolas Sarkozy a proposé samedi une initiative diplomatique pour mettre fin au conflit entre la Russie et la Georgie en Ossétie du Sud, a annoncé l'Elysée.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui a appelé samedi soir les parties à "arrêter" le conflit sur Franced 2 (voir la vidéo), doit se rendre sur place dimanche pour présenter aux belligérants ce plan en trois points et Paris, qui assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, n'exclut pas de convoquer ultérieurement un sommet européen. Dans la soirée, la présidence française a en outre publié un texte dans lequel l'Union européenne "exhorte" la Russie à respecter "la souveraineté" et "l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues". Et une poursuite des actions militaires de la Russie "affecterait" ses relations avec l'UE, prévient le texte.
L'Abkhazie entre en scène
Le plan français prévoit une cessation immédiate des hostilités, le "plein respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie", et le "rétablissement de la situation qui prévalait antérieurement sur le terrain, qui implique le retrait des forces russes et géorgiennes sur leurs positions antérieures, avec des formules d'accompagnement international", a précisé l'Elysée. "Une initiative diplomatique sera prise rapidement en ce sens aux Nations Unies en concertation avec nos partenaires européens, en particulier le Royaume-Uni et l'Allemagne", ajoute la présidence.
Selon le communiqué de l'Elysée, Nicolas Sarkozy s'est "longuement entretenu" vendredi avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine -arrivé samedi en Ossétie du Nord- en marge des cérémonies d'ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, puis par téléphone samedi avec le président géorgien Mikhail Saakachvili et les dirigeants européens. Il devait, dans les heures qui viennent, joindre également Dmitri Medvedev, le président russe qui cherche à conserver son influence dans la région, point de passage des hydrocarbures, en soutenant les séparatistes ossètes, Angela Merkel et George Bush.
Au lendemain de son entrée en Ossétie du Sud, l'armée russe a élargi samedi son offensive pour repousser les forces géorgiennes cherchant à reprendre le contrôle de la région sécessionniste et Tbilissi s'est dit disposé à accepter un cessez-le-feu. Et le conflit semble encore s'étendre, alors que la Géorgie a instauré samedi l'état de guerre pour 15 jours, les séparatistes abkhaze, autre région de Géorgie, ont annoncé leur entrée dans les combats. L'Abkhazie qui a affirmé avoir été également pilonnée par la Russie. L'Azerbaïdjan a pour sa part suspendu ses exportations de pétrole via les ports géorgiens de Koulevi et Batoumi en raison du conflit.
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