La mise au point de Medvedev à la veille du sommet

Par D.H. (avec agence), le 31 août 2008 à 18h01 , mis à jour le 31 août 2008 à 19h37

Alors que les 27 se réunissent lundi pour décider de l'attitude à adopter face à Moscou, le président russe a menacé de prendre des sanctions contre d'autres pays.

Dmitri Medvedev russieLe président russe, Dmitri Medvedev, le 26 août 2008 © TF1-LCI

Le discours, à la veille du sommet extraordinaire à Bruxelles (conférence de presse à suivre en direct sur LCI.fr à 18h15 ce lundi), sonne comme un avertissement. Dmitri Medvedev a assuré dimanche que la Russie pouvait, elle aussi, décider de mettre en place des sanctions à l'encontre d'autres pays, même si elle n'y est pas favorable. Et ce alors que les 27 sont censés discuter lundi de l'attitude à adopter face à Moscou. Notamment sur l'opportunité de sanctions.
 
Si le Conseil européen ne devrait justement pas adopter de sanction, faute de consensus des dirigeants européens sur ce point (Paris et Berlin y sont opposés, préférant un "dialogue ferme" avec Moscou), le président russe prend donc les devants. "Nous ne sommes pas partisans de sanctions. On n'en prend que dans des cas extrêmes", a-t-il déclaré dans une interview à des chaînes de télévision russes. Le recours aux sanctions exige l'adoption de lois spéciales, a-t-il souligné, avant d'ajouter : "S'il le faut, nous pourrons adopter de telles lois". Il a toutefois souligné que cette option était "contreproductive".
 
Moscou rejette un monde dominé par les Etats-Unis
 
Et pour ajouter à la pression : Medvedev a prévenu que la Russie n'avait certes pas l'intention de limiter ses exportations de pétrole et de gaz vers l'Europe, mais qu'elle allait les "diversifier". La Russie fournit environ un quart du gaz consommé par l'Union européenne et une partie de son pétrole.

Autre mise en garde de Kremlin : il est hors de question pour la Russie de revenir sur sa décision de reconnaître l'indépendance unilatérale des régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, pro-russes. Une décision qu'il dit "irrévocable". Dmitri Medvedev a même ajouté que Moscou apporterait une aide militaire à ces deux régions, outre l'octroi d'aides économique, sociale et humanitaire.
 
Sur un ton plus conciliant, le président russe a également affirmé que la Russie ne voulait pas être isolée sur la scène diplomatique et s'efforcerait de promouvoir ses relations avec les Etats-Unis et l'Union européenne. Ceci étant dit, la Russie "ne peut pas accepter un système mondial où les décisions sont prises" par les seuls Etats-Unis, a déclaré Dmitri Medvedev. Reste à voir si ce Nième discours ferme du Kremlin fera changer l'avis des dirigeants européens lundi à Bruxelles.

Par D.H. (avec agence) le 31 août 2008 à 18:01
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