Les Russes aux portes de la ville géorgienne de Gori

le 11 août 2008 à 16h03 , mis à jour le 11 août 2008 à 23h13

Alors que le Kremlin a rejeté l'offre de cessez-le-feu formulée par la Géorgie, les troupes russes seraient en passe de prendre la ville, située à 90 km de la capitale géorgienne.

Aux environs de Tbilissi, le 11 août 2008Aux environs de Tbilissi, le 11 août 2008 © TF1/LCI

L'incertitude est grande sur l'état d'avancement des troupes russes. Selon le président géorgien Mikheïl Saakachvili, "la majeure partie du territoire de la Géorgie est occupée". Un peu plus tôt lundi soir, le gouvernement géorgien annonçait que la ville de Gori, située à 90 kilomètres de la capitale Tbilissi, était tombée aux mains des Russes et que les forces géorgiennes s'étaient repliées sur Tbilissi. "Jusqu'à demain, il n'y a aucune menace à Tbilissi", a toutefois déclaré le président géorgien lundi soir. Quelques heures plus tard, le Premier ministre géorgien affirmait que des troupes russes étaient entrées dans le port de Poti sur la mer Noire. De son côté, Moscou assure que les troupes russes ne sont pas entrées à Gori, ni à Poti. Selon un représentant du ministère russe de la Défense, cité par l'agence Interfax, les forces russes n'ont par ailleurs aucune intention de se diriger vers Tbilissi. Mais pour le secrétaire du Conseil de Sécurité géorgien Alexandre Lomaïa, Moscou "semble avoir l'intention de renverser le gouvernement" géorgien et d'"occuper le pays".

Géorgie Ossétie Abkhazie carte conflits 11 août

Lundi soir en tout cas, le ministère russe de la Défense a assuré que les troupes de Moscou avaient quitté la ville géorgienne de Senaki, le risque de tirs sur l'Ossétie du Sud depuis cette ville ayant disparu avec le départ de l'infanterie géorgienne qui y était basée, selon un représentant du ministère. La percée russe sur Senaki, située à 40 kilomètres de l'Abkhazie, autre région géorgienne séparatiste, semblait ouvrir un second front contre les forces géorgiennes. Mais des responsables russes ont assuré qu'ils n'avaient pas l'intention d'occuper de territoire
géorgien en dehors de l'Ossétie du Sud.

30.000 déplacés

Quatre jours après le début de l'offensive géorgienne, le président russe Dmitri Medvedev a assuré lundi matin que l'opération militaire en Ossétie du Sud était presque "terminée". Un peu plus tard pourtant, un représentant de la région indépendantiste affirmait que les forces géorgiennes avaient recommencé à "tirer massivement" sur la région, et ce alors que le président géorgien aurait signé un document contenant des "propositions de paix" et soutenu par l'Union européenne. Des bombardements confirmés par le commandement des forces russes chargées du maintien de la paix. De son côté, le Kremlin a annoncé que la Russie rejetait l'offre de cessez-le-feu formulée par la Géorgie, estimant que Tbilissi devait négocier directement la fin du conflit avec les régions concernées. 

Depuis le début de l'offensive géorgienne jeudi soir, 1600 civils ont été tués en Ossétie du Sud, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Côté géorgien, le bilan officiel est de 92 morts, dont 40 civils. Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution, mais selon la Croix-Rouge internationale environ 30.000 personnes, soit près la moitié de la population, ont déjà fui les combats en Ossétie du Sud et 10.000 en Géorgie. Les pays européens ont quant à eux commencé à rapatrier leurs ressortissants. Un Airbus A-340 avec à son bord 30 tonnes de fret humanitaire a décolé lundi en fin d'après-midi de Paris. D'une capacité de 250 places, l'appareil doit ramener les Français et les Européens "qui le souhaitent et qui sont actuellement bloqués à Tbilissi en raison de l'interruption des vols commerciaux", selon le ministère des Affaires étrangères.

(D'après agence)

le 11 août 2008 à 16:03
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4 Commentaires

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  • Fred, le 11/08/2008 à 22h40

    Gori est la ville ou est né Staline. De plus la dernière statue non déboulonnée de Staline se trouve dans cette ville. C'est peut-être ce qui explique l'intérêt de Poutine pour cette ville, lui qui est nostalgique de Staline...

  • Etienne, le 11/08/2008 à 21h16

    Pour aider les français à comprendre ce conflit Americano-Georgien.... En fait, l'Amérique a pour but de commencer la guerre dans le Caucase Géorgien qui occupent les territoires qui n'ont jamais appartenu à la Géorgie (Abkhazie, Adjarie, Osetia du Sud) le fait que l'OTAN ne veut pas accepterles different point stratégique pour la Géorgie. Le Caucase est le raccordement du gaz et du cours du pétrole. L'intérêt de l'Amérique dans ce conflit est tout à fait évident - il est facile de profiter de cette guerre et en particulier quand il y a une élection présidentielle à venir au Etat Unis. Et la visite de Candoleeza Rice à la Géorgie en Juin n'est certainement pas par hasard .... Dommage que le Comité de la sécurité de UNN n'ont pas encore exprimé leur opinion sur le conflit, ils ne savent pas encore si elle devrait condamner la Géorgie ou pas - et c'est après 4 jours de combat! la Géorgie même des raids contre des civils (qui sont d'ailleurs les Russes) et aussi contre les contingents de maintien de la paix! Même si officiellement l'Europe ne peux pas approuver les actions de la Russie, mais aussi que certain comprennent les actions de la russie qui sont tout à fait légitime. aujourd'hui les citoyens Russe en Georgie ne sont pas autorisés à revenir en russie ( pris en Otages ) par la police georgieens par la force. et cela n'est pas dans les convenssions!! Et bien sûr, les Etats Unis jouent le rôle de défenseur de la démocratie ;-)) - après avoir envahi l' Irak sans écouter le monde! Je crois que hypocrisie reste un petit mot. Le 8 août lorsque la Géorgie a commencé les bombardements de Tzhinvali tous les medias américains et les européens ont prétendu que rien ne se passait, mais dès que la Russie a dû défendre ses citoyens alors tous les médias de l'Europe et l'Amérique se sont levé et ont commencé à crier sur chaque canal "l'agression Russe".

  • Jean-Marc, le 11/08/2008 à 20h28

    Pourtant, comme le disait fort bien un diplomate americain, c'est la georgie qui a commencé a attaquer un territoire qui revendique sa liberté depuis 1992...

  • Bruno Ella, le 11/08/2008 à 19h52

    Le président georgien a commis une bourde et il doit payer et rendre les comptes à son peuple qui n'avait pas besoin de cela. Au lieu de développer son pays économiquement. Au lieu de cela, son obsession est de faire entrer son pays à l'Otan.

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