Bernard Kouchner arrive à Tbilissi, capitale géorgienne, le 10 août 2008 © TF1-LCIAprès quatre jours de conflit, l'appel à un cessez-le-feu reste vain. Alors que lundi la Commission européenne, la Grande-Bretagne et les chefs de la diplomatie du G7 ont appelé Moscou à cesser les combats et à respecter l'intégrité territoriale de la Géorgie, les diplomates occidentaux à l'ONU sont parvenus lundi soir à un accord sur un projet de résolution appelant à une trêve immédiate dans le conflit entre la Géorgie et la Russie. Mais la Russie continue à faire la sourde oreille. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine estime que les puissances occidentales se trompent de cible dans leurs critiques envers Moscou et prennent les agresseurs pour des victimes. Conséquence, alors que le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a accepté "à peu près toutes les propositions" du plan européen destiné à mettre fin aux hostilités, selon Bernard Kouchner, la Russie a rejeté lundi l'offre de cessez-le-feu formulée par la Géorgie. Sur CNN, le premier vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov a également écarté les propositions de l'Union européenne, estimant que Tbilissi devait négocier directement la fin du conflit avec les régions concernées.
Pour autant, plusieurs émissaires internationaux sont partis dans la région pour tenter de contribuer à une solution pacifique du conflit, à commencer par Bernard Kouchner, qui mène une médiation au nom de l'Union européenne. Après une étape à Tbilissi, le chef de la diplomatie française, accompagné de son homologue finlandais Alexander Stubb, président en exercice de l'OSCE, s'est rendu à Vladikavkaz, dans le sud de la Russie, avant de gagner Moscou. Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, se rendra lui à Moscou, où il rencontrera le président russe Dmitri Medvedev, puis à Tbilissi où il aura un entretien avec son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili, a annoncé lundi soir l'Elysée.
Une "invasion" de la Géorgie
Si Moscou ne veut pas d'un cessez-le-feu, le Kremlin s'est prononcé lundi pour l'envoi d'une mission de l'OSCE en Ossétie du Sud. Le président géorgien a pour sa part déclaré qu'il était d'accord avec le plan de sortie de crise présenté par Bernard Kouchner, qui prévoit la cessation des hostilités, le déploiement d'une force de maintien de la paix russo-géorgienne et le retour des troupes sur les positions antérieures au conflit. Washington et Londres ont exprimé leur soutien à leur allié géorgien, condamnant un "usage disproportionné" de la force par la Russie. George W. Bush a dit s'en être inquiété "fermement" auprès de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev. A son arrivée à Tbilissi, le nouvel émissaire américain, le sous-secrétaire d'Etat adjoint Matt Bryza, a même accusé les Russes d'avoir préparé depuis un certain temps une "invasion" de la Géorgie. Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a lui jugé que les actions militaires russes observées depuis samedi allaient "bien au-delà de l'opération de maintien de la paix de la CEI", la Communauté des Etats indépendants, que Moscou affirme mener dans la région depuis les accords de trêve conclus dans les années 1990 entre Tbilissi et les provinces séparatistes.
Outre l'envoi d'une mission de l'OSCE en Ossétie du Sud, Moscou demande une réunion avec l'Otan, qui pourrait se tenir mardi. Selon Carmen Romero, porte-parole de l'organisation trans-atlantique, l'Otan soutient une médiation internationale basée sur le maintien de l'intégrité territoriale de la Géorgie mais qu'elle n'a aucun mandat pour jouer un rôle direct dans les conflits du Caucase.
(D'après agence)
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