La situation reste confuse sur le terrain

le 12 août 2008 à 16h31 , mis à jour le 13 août 2008 à 16h37

Alors que Moscou a annoncé mardi la fin des opérations en Géorgie, la Russie et la Géorgie s'accusent mutuellement de continuer les bombardements.

GéorgieGéorgie © TF1-LCI

Difficile de savoir si l'arrêt des opérations militaires est bien réel sur le terrain. Car si le président russe Dmitri Medvedev a annoncé mardi matin la fin de l'opération russe "visant à contraindre la Géorgie à la paix", la Russie et la Géorgie s'accusent mutuellement de continuer les bombardements et les combats. Selon un représentant des forces russes de maintien de la paix, des unités géorgiennes "continuent" de tirer "de façon sporadique" sur les forces russes, et ce, malgré l'annonce de la cessation des hostilités. Les Géorgiens "mentent" lorsqu'ils disent avoir cessé le feu depuis deux jours, a accusé mardi le président russe. De son côté, Tbilissi assure que plusieurs villages géorgiens sont toujours bombardés et que des soldats russes et de l'artillerie se dirigent vers la région géorgienne de Mestia, près de la république séparatiste d'Abkhazie. Moscou dément et accuse les Géorgiens de se livrer à de la désinformation.

Face à la confusion qui règne, la Maison Blanche a annoncé mardi qu'elle vérifiait si la Russie avait arrêté ses attaques en Géorgie comme Moscou l'a annoncé. Les opérations militaires russes en Géorgie doivent "vraiment s'arrêter maintenant", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, appelant toutes les parties à "cesser le feu". De son côté, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a estimé mardi que l'annonce par Moscou de l'arrêt de l'offensive en Géorgie était "un pas important mais insuffisant". "Ca sera une bonne nouvelle si c'est confirmé sur le terrain", a-t-il ajouté, à l'issue d'une réunion des ambassadeurs des pays de l'Alliance.

Les forces géorgiennes se retirent d'Abkhazie

En fin de matinée, avant l'annonce du président russe, la ville de Gori avait été la cible de bombardements, qui pourraient avoir fait de nombreuses victimes. Parmi elles, un journaliste néerlandais de la chaîne de  télévision néerlandaise RTL est mort. En Abkhazie par ailleurs, la situation s'est envenimée dans la matinée. Les forces abkhazes pro-russes ont en effet lancé une opération militaire pour déloger les forces géorgiennes des gorges de Kodori, une région disputée du territoire indépendantiste d'Abkhazie. La chaîne russe d'information Vesti 24 a évoqué un échange de tirs intenses  sur les hauteurs des gorges de Kodori et des bombardements de cette zone par  l'aviation abkhaze. Mardi en fin d'après-midi, la présidence géorgienne a finalement annoncé le retrait des forces géorgiennes des gorges de Kodori.

Quant au bilan humain du conflit, il est plus qu'incertain. La Russie a réduit lundi son estimation à 1600 civils tués, après avoir évoqué 2000 morts.  Le ministère russe des Affaires étrangères a également fait état de 15 soldats russes tués et de 70 autres blessés. Du côté de la Géorgie, on estime à 175 le nombre de personnes tuées, principalement des civils. Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo, a par ailleurs indiqué mardi qu'une enquête préliminaire sur le conflit entre la Géorgie et la Russie pourrait être ouverte, d'autant que la Géorgie a déposé mardi une plainte auprès de la CPI contre la Russie pour "nettoyage ethnique".  

(D'après agence)

le 12 août 2008 à 16:31
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