Le ton monte entre l'Otan et Moscou

le 19 août 2008 à 15h39 , mis à jour le 19 août 2008 à 16h33

Ne voyant "aucun signe de retrait" des troupes russes de Géorgie, l'Otan réclame des actes et suspend les réunions du Conseil Otan-Russie. Moscou réagit.

Un char russe positionné à Gori, en Géorgie (18 août 2008)Un char russe positionné à Gori, en Géorgie (18 août 2008) © www.abacapress.com

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Les Géorgiens chassés de chez eux en Ossétie du Sud
 

Divisés, face à la présence des troupes russes en Géorgie, entre partisans de la "ligne dure" et tenants du dialogue, les membres de l'Otan ont mis au point leur réponse commune à Moscou. Ils ont fait savoir mardi qu'ils "étudiaient sérieusement" les implications des opérations de la Russie et que des contacts réguliers seraient impossibles avec Moscou tant que ses troupes n'auraient pas été entièrement évacuées. "Nous sommes très déçus puisque, malgré les promesses qui nous ont été faites, il n'y a pas de retrait de troupes", a souligné Bernard Kouchner à l'issue  de cette réunion extraordinaire de l'Otan. "Nous espérons tous que le président Medvedev va faire respecter sa  parole. Je commence à douter moi-même. Le président Sarkozy parlera de nouveau ce soir au  président Medvedev".

Une déception partagée par les membres de l'Otan et exprimée dans leur déclaration commune : "Nous avons décidé que nous ne pouvions pas continuer comme si de rien n'était", ont indiqué les 26 pays de l'Alliance. Ils ont appelé Moscou "à démontrer, tant par la parole que par les actes, son engagement en faveur des principes sur lesquels nous avons fondé notre relation". Les alliés ont convenu par ailleurs de créer une Commission Otan-Géorgie afin de resserrer leurs liens avec Tbilissi. Lors d'une conférence de presse, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, soulignant que l'Alliance n'a pour l'heure "aucun signe de retrait russe de Géorgie", a précisé que cette commission fonctionnerait de façon analogue à un dispositif mis en place il y a onze ans avec l'Ukraine, sans préjuger des perspectives d'adhésion de la Géorgie à l'Alliance atlantique.

"Promesse non tenue"

Fermeté affichée : dans sa déclaration, Jaap de Hoop Scheffer a fustigé l'attitude russe. "Que vaut une promesse, faite sur le papier après des contacts avec des dirigeants de l'Alliance lorsque cette promesse n'est pas tenue", s'est interrogé le secrétaire général. "C'est maintenant à la Russie d'agir, et pas à l'Otan, la Russie doit revenir aux positions occupées le 6 août", avant l'offensive géorgienne visant à reprendre le contrôle de son territoire séparatiste d'Ossétie du Sud, a-t-il ajouté.

Pour autant, l'Otan a pris peu de mesures pratiques immédiates pour signifier son mécontentement à Moscou. La principale mesure semble être la suspension des réunions du Conseil Otan-Russie, selon Jaap de Hoop Scheffer. "Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons pas organiser une réunion Otan-Russie", a-t-il indiqué. Mais le Conseil Otan-Russie n'est pas supprimé. "Nous n'allons pas couper tous les contacts", a souligné le secrétaire général de l'Otan. "Ils doivent revenir aux positions du 6 août, et ensuite nous serons ouverts à tout, nous ne claquons pas la porte aux discussions avec la Russie".

Mais si la fermeté européenne en est restée essentiellement aux mots, la Russie a déjà réagi, par la voix de son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov : selon lui, la déclaration de l'Otan n'est "pas objective et reflète un parti pris". La Marine russe a pour sa part annoncé l'annulation de sa participation à des manoeuvres prévues en Baltique dans le cadre du partenariat avec l'Otan, et a signifié qu'elle ne pourrait accueillir comme prévu une frégate américaine en septembre en Extrême-Orient. Quant au point contesté, le retrait des troupes russes de Géorgie, Moscou continue à souffler le chaud et le froid : malgré les assurances du représentant de la Russie auprès de l'Otan et un départ très médiatisé de troupes russes de Gory (lire notre article), devant la Conférence du désarmement à Genève, le représentant de la Russie, Valery Loschinine, a assuré mardi que les forces russes calqueront leur "rythme" de retrait de Géorgie sur celui du retour des militaires géorgiens dans leurs cantonnement.

D'après agence

le 19 août 2008 à 15:39
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