© AFP/LOUISA GOULIAMAKICela s'appelle un retrait partiel. L'armée russe continuait samedi d'occuper la ville stratégique de Poti, sur les bords de la mer Noire, à plus de 200 km à l'ouest de l'ancienne principale zone de conflit.
Plusieurs journalistes de l'agence Reuters ont constaté que les soldats russes ont en revanche définitivement quitté la ville de Gori et déserté les barrages mis en place quelques jours plus tôt sur l'autoroute qui traverse le pays d'Est en Ouest.
Si la Russie a assuré vendredi avoir achevé son retrait partiel de Géorgie et respecté tous les engagements du plan de paix négocié par la France, le déploiement d'une "force de maintien de la paix" dans une zone tampon située en territoire géorgien fait craindre une annexion de fait aux Occidentaux.
Des mouvements de repli jugés mineurs
Moscou prévoit en effet d'instaurer des points de contrôle au sein de cette zone tampon et dit vouloir par ce biais éviter tout nouveau bain de sang avec les autorités géorgiennes, et protéger les habitants de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, dont la plupart disposent de passeports russes.
Des journalistes de Reuters ont rapporté avoir vu des convois de chars et de camions russes converger vendredi vers le Nord, en direction de l'Ossétie du Sud, mais rien n'indique pour le moment que les forces armées quitteront ensuite cette province géorgienne pour regagner la Russie. "Ils ne se sont pas complètement retirés de certaines zones de conflit et ils doivent le faire", a déclaré samedi un porte-parole de la Maison blanche.
Vendredi soir, Washington et Paris ont accusé Moscou de ne pas respecter les termes du plan de paix russo-géorgien négocié par la France, et le Pentagone a jugé "mineurs" les mouvements de repli des forces russes. (Lire notre article) Le président américain George W. Bush et son homologue français Nicolas Sarkozy ont estimé, dans un entretien téléphonique, que "la Russie n'était pas en conformité" avec le plan de paix et qu'elle devait s'y conformer "immédiatement", selon le porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. Ils appellent aussi la Russie à "poursuivre et achever" son retrait de Géorgie. Le chef de la diplomatie britannique David Miliband s'est lui dit "profondément inquiet du fait que les forces russes ne se sont pas retirées sur les (...) positions convenues" (dans l'accord).
Les dirigeants américains considèrent le retrait russe de la région de Poti, où l'autoroute Est-Ouest atteint la mer, comme un test de la fermeté des engagements russes pris dans le cadre du plan de paix en six points négocié par la France au nom de l'Union européenne.
Invoquant un accord conclu en 1999, La Russie a fait comprendre qu'elle entendait maintenir des soldats dans une vaste zone tampon jouxtant l'Ossétie du Sud et le territoire de l'Abkhazie, l'autre région sécessionniste de Géorgie. Tbilissi juge cette position inacceptable.
(D'après agence)
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