Moscou annonce son retrait pour lundi, Sarkozy menace

Par D.H. (avec agence), le 17 août 2008 à 13h46 , mis à jour le 17 août 2008 à 21h25

Dmitri Medvedev a assuré dimanche à Nicolas Sarkozy que la Russie entamerait son retrait de Géorgie lundi à la mi-journée, soit 48h après le cessez-le-feu.

GéorgieGéorgie © TF1-LCI

Nicolas Sarkozy a prévenu dimanche au téléphone son homologue russe Dmitri Medvedev : il y aura des "conséquences graves" pour les relations entre la Russie et l'UE en cas de "non-exécution rapide et complète de l'accord" de paix. Car, au lendemain de la signature par Moscou du plan de paix en six points mis au point par l'entremise de la France au nom de l'UE, les troupes russes sont toujours là, postées à quelques dizaines de kilomètres de Tbilissi. La menace du président français a-t-elle porté ses fruits ?
 
Au téléphone, Dmitri Medvedev a en tous cas répondu à Nicolas Sarkozy "qu'à partir de demain (lundi), la Russie entamera le retrait du contingent militaire envoyé en renfort aux forces de maintien de la paix russes à la suite de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud", a indiqué le Kremlin. Selon l'Elysée, le retrait commencera "en milieu de journée". Les deux chefs d'Etat se sont en outre accordés "sur le déploiement dans les meilleurs délais d'observateurs internationaux de l'OSCE", ajoute l'Elysée.

Ils sont également convenus d'"avoir chaque jour un entretien téléphonique concernant la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu". Mais déjà, Nicolas Sarkozy menace. Il appelle à un retrait "sans délai", affirmant que "ce point n'est pas négociable", dans une tribune au Figaro (de lundi). Il y annonce qu'il convoquera un conseil européen extraordinaire si l'accord "rapidement et totalement" n'est pas appliqué rapidement "pour décider des conséquences à en tirer". L'OSCE, qui a estimé dimanche que les Ossètes du Sud devaient être consultés sur le futur statut de leur territoire, se réunira de son côté lundi à Vienne pour décider de l'envoi de 100 observateurs supplémentaires en Géorgie.
 
Merkel à Tbilissi

Pour le moment, la Russie n'honore pas ses engagements, a dénoncé dimanche la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, qui parle d'une réputation russe désormais "en lambeaux". La chancelière allemande, Angela Merkel, est de son côté arrivée à Tbilissi. Elle a rencontré le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Elle a assuré que la Géorgie "serait membre de l'Otan". Angela Merkel a pressé dimanche Moscou de retirer au plus vite ses troupes de Géorgie, estimant que la "crédibilité" de la Russie était en jeu dans cette affaire. La chancelière allemande a fermement défendu l'intégrité territoriale de la Géorgie face au président russe, Dmitri Medvedev vendredi à Sotchi (sud de la Russie). Elle avait alors aussi jugé "disproportionnée" la réaction russe à l'offensive militaire géorgienne lancée dans la région séparatiste géorgienne pro-russe d'Ossétie du Sud, à l'origine du conflit.

Autre problème : pour l'avenir, la Géorgie ne reconnaît désormais aucune "force de paix" russe, a déclaré dimanche Mikheïl Saakachvili, après ses entretiens avec Angela Merkel. "On ne peut plus parler en Géorgie de forces de la paix russes. Il ne peut y avoir des forces de paix russes, ce sont des forces russes", a-t-il insisté. Selon lui, les forces russes en Géorgie comptent "jusqu'à 2.000 chars", et ont pour mission de "détruire les infrastructures économiques" du pays.

Près de 160.000 déplacés par le conflit
 
Sur le terrain, la police géorgienne était dimanche toujours interdite d'entrée à Gori, ville stratégique géorgienne occupée par les forces russes, qui patrouillaient encore dans les rues, tandis que la Russie accuse la Géorgie de préparer un "acte de provocation majeur" à Gori (voir la vidéo : en attendant le retrait russe, Gori peine). L'armée russe contrôle de nombreux villages et villes de Géorgie. A Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, l'aide alimentaire commençait à arriver, et ses rues se sont animées samedi avec le retour des habitants qui avaient fui les bombardements géorgiens.

Le pape Benoît XVI a demandé dimanche l'ouverture "sans délai" de corridors humanitaires entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie. Quelque 158.600 personnes ont été déplacées par le conflit, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Parmi ces déplacés, 98.600 l'ont été à l'intérieur de la Géorgie, 30.000 sur le territoire de la région séparatiste d'Ossétie du Sud et 30.000 en Russie, a précisé le HCR qui dit avoir réussi dimanche à entrer dans Gori.

Par D.H. (avec agence) le 17 août 2008 à 13:46
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4 Commentaires

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  • Dominique34, le 17/08/2008 à 16h01

    Les russes hors de Géorgie !! Vous nous montrez que vous n'avez pas de parole !!! Lamentable sur le plan international, on est revenu au temps les plus noirs de l'URSS en une semaine !

  • Louis, le 17/08/2008 à 15h59

    Je trouve navrant que les russes passent pour les méchants alors que les agresseurs sont les géorgiens mais il est vrai aussi que les géorgiens sont soutenu pars les USA qui eux s'y connaisse pour envahir les autres.

  • Clorinde, le 17/08/2008 à 15h08

    Merci et bravo, Mr Sarkosy.. vous rentrez dans la cour des Grands, déjà pour la France et bien sûr pour l'U.E.

  • Regis, le 17/08/2008 à 14h32

    Alors ca y est les pillages et les viols et violences sont terminés?

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