L'UE condamne

Par Diane HEURTAUT (avec agences), le 26 août 2008 à 17h00 , mis à jour le 26 août 2008 à 22h21

La reconnaissance mardi par Moscou de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie a aussitôt été fermement condamnée par la scène internationale.

[Expiré] [Expiré] Poti Géorgie Russie © AFP/LOUISA GOULIAMAKI

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réalisée par Vincent Hervouët depuis Sotchi, à 40 km de la frontière géorgienne
  

Est-ce la décision de trop ? La balle est en tous cas dans le camp des Occidentaux. Affirmant avoir "pleinement" appliqué le plan de paix, le président russe Dmitri Medvedev a reconnu mardi l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, disant "n'avoir pas peur d'une Guerre froide" (lire notre article). Provoquant aussitôt une pluie de réactions sur la scène internationale.

La décision a aussitôt été qualifiée de "regrettable" par Paris. La France, qui assure la présidence tournante de l'UE, a "rappelé son attachement à l'intégrité territoriale de la Géorgie". Un ton modéré, quelque peu durci deux heures plus tard. En début d'après-midi, la présidence française de l'UE a dit consulter ses partenaires pour adopter une déclaration "condamnant cette reconnaissance". En attendant, la présidence française de l'UE et la France "condamnent fermement", ont dit l'Elysée et Bernard Kouchner. Et la Commission européenne soutient pleinement la position de la présidence française de l'UE.

"Inacceptable", "regrettable", "déplorable"...

Londres "rejette catégoriquement" la décision et réaffirme la "souveraineté" de la Géorgie sur ces deux républiques séparatistes. Le chef de la diplomatie britannique, David Miliband, annonce même qu'il se rendra mercredi "en Ukraine pour garantir la coalition la plus large possible contre une agression russe en Géorgie". La Suède parle de violation délibérée du droit international. Rome affirme aussi que le décret russe "ne s'appuie pas sur un cadre juridique international". La chancelière allemande Angela Merkel le juge "inacceptable". L'Espagne le "déplore". La Pologne lance un appel à l'UE pour l'intégrité de la Géorgie.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice juge "regrettable" la décision russe. Puis le porte-parole du département d'Etat dénonce une décision "inacceptable", tandis que le Pentagone affirme que le retrait russe de Géorgie est "significatif" mais encore insuffisant. Avant que la Maison Blanche affirme que la décision russe serait considérée comme "mort-née" par le Conseil de sécurité de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon craint de son côté que la décision de Moscou ait des répercussions sur la sécurité et la stabilité dans le Caucase. Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Barack Obama, a à son tour "condamné" la décision de Moscou, disant vouloir que la communauté internationale agisse pour isoler Moscou. Il a  souhaité que les Etats-Unis demandent une réunion immédiate du Conseil de sécurité de l'Onu en ce sens.

Gorbatchev met en garde

Alors que le cas du Kosovo est dans toutes les mémoires, le président kosovar, Fatmir Sejdiu estime que le Kosovo ne doit pas être considéré comme un précédent pour justifier la décision russe. Quant à l'ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, il met en garde contre "une nouvelle scission" et un nouveau "cataclysme" dans le monde. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe condamne, estimant qu'il s'agit d'"une violation des principes de l'OSCE", l'Otan "rejette" cette reconnaissance et le Conseil de l'Europe dénonce une décision "unilatérale". 

Quant à Tbilissi, elle a qualifié la décision de Moscou d'"annexion flagrante" et n'ayant "aucune valeur légale". Au même moment, les leaders abkhaze et ossète, pro-russes, parlaient de décret "historique". L'Ossétie du Sud s'est même dite "prête à conclure un traité d'amitié avec la Russie" et va proposer d'accueillir une base militaire russe sur son territoire. Et l'Abkhazie se dit prête à signer un accord de coopération militaire avec la Russie. Dans une déclaration télévisée, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a ensuite affirmé que la Russie voulait changer "les frontières de l'Europe par la force" par cette décision qui est "totalement illégale". La Géorgie va lutter "pacifiquement" contre le "mal" pour rétablir son intégrité territoriale, a-t-il promis, appelant les dirigeants occidentaux à accélérer l'intégration de la Géorgie à l'Otan et l'UE.

Par Diane HEURTAUT (avec agences) le 26 août 2008 à 17:00
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