Dmitri Medvedev © TF1-LCIFace aux critiques, nombreuses mais impuissantes, de son intervention militaire en Géorgie, la Russie persiste et bloque les discussions. Au Conseil de sécurité de l'Onu, elle continue à pratiquer la stratégie de l'enlisement : c'est ainsi qu'une réunion sur la Géorgie, jeudi, la 6ème en trois semaines, a donné lieu à un nouveau dialogue de sourds ponctué de propos aigres-doux... mais à aucune décision concrète. La Russie a rejeté les critiques occidentales mais s'est trouvée isolée pour sa reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. En séance, aucune délégation n'a approuvé la reconnaissance de l'indépendance des deux territoires. Et les représentants de la Chine, du Vietnam et de la Libye, qui se placent d'ordinaire aux côtés de la Russie dans les débats au Conseil de sécurité, n'ont pas prononcé un mot. Face à ses collègues qui déploraient l'usage de la force en Géorgie, l'ambassadeur russe a ironisé sur les interventions américaines en Irak et en Afghanistan.
L'Europe, pour sa part, brandit la menace de sanctions. Un sommet européen extraordinaire se tiendra lundi à Bruxelles pour examiner les conséquences de la crise entre Moscou et la Géorgie. Mais la menace reste pour l'heure théorique : si l'Union européenne est unie pour condamner la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes géorgiennes, la plupart de ses membres rechignent à sanctionner sévèrement la Russie. Du côté de l'Elysée, on estime que "l'heure des sanctions n'est certainement pas venue". De son côté, l'Allemagne refuse d'évoquer à l'avance les décisions que l'Union européenne pourrait adopter au sommet extraordinaire de Bruxelles de lundi.
Mikheïl Saakachvili réclame un soutien économique
Moscou n'en prépare pas moins sa riposte, et pourrait bien, s'il faut en croire le Daily Telegraph, frapper le point faible des Européens : l'énergie. Selon le journal, le gouvernement russe aurait demandé à au moins l'une de ses compagnies pétrolières, Loukoil, de se préparer à réduire les livraisons à l'Europe dès lundi si l'UE prend des sanctions contre Moscou. Le Daily Telegraph évoque "des informations qui ont commencé à circuler" sur une possible coupure de l'oléoduc Droujba qui dessert la Pologne et l'Allemagne. Face à ces informations, le porte-parole du Premier ministre Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a temporisé vendredi en assurant que la Russie restera "un fournisseur sûr" des ressources énergétiques de l'Occident, en dépit des tensions provoquées par la crise géorgienne : "La Russie a toujours eu un comportement prévisible avec ses partenaires et elle va le maintenir".
Des propos qui semblent évacuer les menaces qu'ont déjà pu connaître, en 2006, certains pays européens sur leur approvisionnement lors des difficiles négociations sur le prix du gaz entre l'Ukraine et la Russie...D'autre part, le numéro deux de l'Agence internationale de l'Energie, a également réfuté cette possibilité. "Il semble clair que la Russie n'a pas l'intention de perturber" l'approvisionnement énergétique vers l'Europe, qui dépend largement de Moscou pour sa consommation de pétrole et gaz", a-t-il déclaré.
C'est aussi sur le plan économique que se positionne le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui multiplie les appels à l'aide aux pays occidentaux. "Nous avons besoin d'un nouveau plan Marshall pour la Géorgie, afin que l'économie se remette en route", a-t-il lancé dans une interview diffusée vendredi par la radio allemande Deutschlandfunk. "Nous avons besoin que l'Europe et des Etats-Unis s'engagent à soutenir la Géorgie et que les investissements ne soient pas faits ailleurs". Mikheïl Saakachvili a par ailleurs plaidé pour l'envoi d'une force internationale de maintien de la paix afin de protéger les Géorgiens "contre de nouvelles agressions russes" et pour que les "centaines de milliers de personnes qui ont été chassées d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud puissent rentrer chez elles en toute sécurité".
D'après agences
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