Les présidents Bush et Sarkozy le 14 juin © DRNicolas Sarkozy avait obtenu mercredi l'engagement du président russe que ses troupes auraient quitté le territoire géorgien vendredi soir. Le jour venu, le président français qui s'était rendu sur place pour négocier un plan de paix entre les deux pays doit déchanter. Sur le terrain la situation reste confuse (Lire notre article). Si les forces géorgiennes affirment avoir repris le contrôle de Gori, des incertitudes demeurent sur les mouvements des troupes russes sur le territoire. George W. Bush et Nicolas Sarkozy, qui se sont entretenus par téléphone, ont donc pressé vendredi soir la Russie d'achever son retrait de Géorgie et de respecter l'accord de cessez-le-feu. Dans un communiqué, l'Elysée affirme que la France et les Etats-Unis appellent la Russie à "poursuivre et achever" son retrait de Géorgie "conformément aux engagements" de Moscou.
D'après le compte-rendu de la même conversation par un porte-parole de la Maison Blanche, les deux hommes ont estimé que "la Russie n'est pas en conformité" avec l'accord de cessez-le-feu et "doit se mettre en conformité immédiatement". La Russie a annoncé vendredi soir avoir achevé son retrait de Géorgie, une affirmation immédiatement démentie par Tbilissi.
Paris et Washington ont pris acte de ce qu'un retrait était en cours. D'après l'Elysée, MM. Bush et Sarkozy "ont noté qu'un processus de retrait des forces russes est engagé et que celui-ci doit se poursuivre et s'achever conformément aux engagements de la partie russe".
L'échec du Conseil de sécurité
A Crawford (Texas) où le président Bush séjourne dans son ranch, un porte-parole de la Maison Blanche a plutôt souligné l'inachèvement du processus: "D'après ce que je comprends, (les Russes) ne se sont pas entièrement retirés de zones considérées comme le territoire indiscutable (de la Géorgie). Et ils doivent le faire", a dit Gordon Johndroe. "Ce n'est pas seulement ce que nous attendons, c'est ce que les Français attendent, c'est ce que l'Union européenne attend. Franchement, il semblerait que ce soit ce que le monde entier attend", a-t-il insisté. Un peu plus tôt, un porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, avait déclaré que les Russes avaient "finalement commencé à retirer leurs forces de Géorgie". Mais "ils n'ont pas respecté leurs obligations concernant l'accord de cessez-le-feu", a-t-il dit, expliquant qu'ils étaient en train d'établir des "postes de contrôle" et des "zones tampons" en Géorgie, ce qui "ne fait absolument pas partie de l'accord".
D'après l'Elysée, Nicolas Sarkozy a également "insisté sur l'importance des travaux au Conseil de sécurité des Nations unies, dans la perspective de l'adoption d'une résolution relative à la situation en Géorgie". Les grandes puissances ont été incapables de trouver un accord vendredi au Conseil de sécurité, les Occidentaux insistant pour que le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie soit clairement réaffirmé. Selon l'Elysée, les présidents Bush et Sarkozy "sont convenus de rester en étroit contact au cours des prochains jours", conclut le communiqué.
Avec agences
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