Pour Sarkozy et Bush l'engagement russe n'est pas tenu

le 22 août 2008 à 19h05 , mis à jour le 22 août 2008 à 23h05

Nicolas Sarkozy et George W.Bush se sont mis d'accord pour dire que Moscou n'est pas en conformité avec son engagement de se retirer de Géorgie.

Bush SarkozyLes présidents Bush et Sarkozy le 14 juin © DR

Nicolas Sarkozy avait obtenu mercredi l'engagement du président russe que ses troupes auraient quitté le territoire géorgien vendredi soir. Le jour venu, le président français qui s'était rendu sur place pour négocier un plan de paix entre les deux pays doit déchanter. Sur le terrain la situation reste confuse (Lire notre article). Si les forces géorgiennes affirment avoir repris le contrôle de Gori, des incertitudes demeurent sur les mouvements des troupes russes sur le territoire. George W. Bush et Nicolas Sarkozy, qui se sont entretenus par téléphone, ont donc pressé  vendredi soir la Russie d'achever son retrait de Géorgie et de respecter  l'accord de cessez-le-feu. Dans un communiqué, l'Elysée affirme que la France et les Etats-Unis appellent la Russie à "poursuivre et achever"  son retrait de Géorgie "conformément aux engagements" de Moscou.

D'après le compte-rendu de la même conversation par un porte-parole de la  Maison Blanche, les deux hommes ont estimé que "la Russie n'est pas en conformité" avec l'accord de cessez-le-feu et "doit se mettre en conformité  immédiatement". La Russie a annoncé vendredi soir avoir achevé son retrait de Géorgie, une affirmation immédiatement démentie par Tbilissi.
Paris et Washington ont pris acte de ce qu'un retrait était en cours. D'après l'Elysée, MM. Bush et Sarkozy "ont noté qu'un processus de retrait  des forces russes est engagé et que celui-ci doit se poursuivre et s'achever  conformément aux engagements de la partie russe".

L'échec du Conseil de sécurité

A Crawford (Texas) où le président Bush séjourne dans son ranch, un porte-parole de la Maison Blanche a plutôt souligné l'inachèvement du processus:  "D'après ce que je comprends, (les Russes) ne se sont pas entièrement retirés de  zones considérées comme le territoire indiscutable (de la Géorgie). Et ils  doivent le faire", a dit Gordon Johndroe. "Ce n'est pas seulement ce que nous attendons, c'est ce que les Français  attendent, c'est ce que l'Union européenne attend. Franchement, il semblerait  que ce soit ce que le monde entier attend", a-t-il insisté. Un peu plus tôt, un porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, avait  déclaré que les Russes avaient "finalement commencé à retirer leurs forces de  Géorgie".   Mais "ils n'ont pas respecté leurs obligations concernant l'accord de  cessez-le-feu", a-t-il dit, expliquant qu'ils étaient en train d'établir des  "postes de contrôle" et des "zones tampons" en Géorgie, ce qui "ne fait  absolument pas partie de l'accord".

D'après l'Elysée, Nicolas Sarkozy a également "insisté sur l'importance des  travaux au Conseil de sécurité des Nations unies, dans la perspective de  l'adoption d'une résolution relative à la situation en Géorgie". Les grandes puissances ont été incapables de trouver un accord vendredi au  Conseil de sécurité, les Occidentaux insistant pour que le respect de  l'intégrité territoriale de la Géorgie soit clairement réaffirmé. Selon l'Elysée, les présidents Bush et Sarkozy "sont convenus de rester en  étroit contact au cours des prochains jours", conclut le communiqué.

Avec agences

le 22 août 2008 à 19:05
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