L'arrivée de bernard Kouchner à Bruxelles pour une réunion de l'Otan (19 août 2008) © TF1/LCI| Les Géorgiens chassés de chez eux en Ossétie du Sud |
Les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l'Alliance atlantique sont réunis ce mardi à Bruxelles pour réaffirmer leur soutien à la Géorgie face à la Russie. Plusieurs hauts responsables américains ont d'ores et déjà suggéré que la participation russe à plusieurs organisations internationales pourrait être menacée. Condoleezza Rice veut aussi que les pays de l'Otan réaffirment les perspectives d'adhésion à l'Alliance de la Géorgie et de l'Ukraine, afin d'empêcher Moscou d'atteindre son "objectif stratégique" : stopper l'élargissement de l'Otan dans ce qu'elle considère comme sa zone d'influence. Dans les colonnes du Times, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a abondé dans son sens. La secrétaire d'Etat américaine a cependant indiqué qu'elle ne chercherait pas à accélérer l'adhésion de la Géorgie à l'Otan, qui sera réexaminée comme prévu en décembre.
Fait symbolique, la ministre géorgienne des Affaires étrangères Eka Tkeshelashvili sera aussi à Bruxelles. Elle ne devrait toutefois pas s'adresser au Conseil de l'Atlantique nord, mais avoir des entretiens avec quelques ministres, dont Condoleezza Rice. Mais au-delà des déclarations de fermeté vis-à-vis de Moscou, les Occidentaux restent divisés sur la ligne à suivre. Les partisans d'une position dure envers Moscou (Etats-Unis, Royaume-Uni, Pologne, pays baltes), pour qui le conflit russo-géorgien démontre qu'il faut renforcer le flanc Est de l'Alliance, se heurtent à des pays comme la France et l'Allemagne, soucieux de ménager la Russie.
Appel aux dons pour les réfugiés
Dmitri Rogozine a affirmé lundi que la coopération entre les Occidentaux et la Russie avait déjà souffert du soutien de l'Alliance atlantique à la Géorgie et que tout pas supplémentaire vers l'admission de ce pays au sein de l'Otan lui porterait un coup dangereux. En avril pourtant, les pays de l'Otan n'ont pas offert à la Géorgie de "plan d'action pour l'adhésion", première étape vers une intégration, qu'elle souhaitait. Même si, sous la pression des Etats-Unis, ils ont affirmé qu'elle avait vocation, comme la Macédoine et l'Ukraine, à adhérer un jour. Ce début d'ouverture avait pourtant suffi à provoquer l'ire de Moscou ; de nombreux analystes y voient même la véritable cause de l'intervention russe en Géorgie.
La réunion de ce mardi devrait également permettre aux membres de l'Otan de se mettre d'accord sur un projet de texte de résolution appelant au "respect total de l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale" de la Géorgie, et d'approuver une évaluation commune des dégâts sur les infrastructures géorgiennes, selon la porte-parole de l'Alliance atlantique Carmen Romero. Alors que le Haut commissaire aux réfugiés de l'Onu, Antonio Guterres, est attendu en Géorgie et en Russie pour évaluer plus précisément les besoins, les organisations d'aide internationale ont lancé un appel conjoint lundi dans l'espoir de réunir les 58,1 millions de dollars qu'elles estiment nécessaires pour venir en aide aux quelque 128.000 personnes déplacées par les hostilités.
D'après agence
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