Quelles relations désormais entre l'UE et la Russie ?

Par Diane HEURTAUT (avec agences), le 31 août 2008 à 16h22 , mis à jour le 01 septembre 2008 à 13h05

Nicolas Sarkozy préside ce lundi à Bruxelles un sommet européen extraordinaire consacré à la crise russo-géorgienne et à l'attitude à adopter envers la Russie.

27 dirigeants UE Traité Sommet BruxellesLes dirigeants des 27 à Bruxelles le 19 juin 2008 © TF1

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Face à la Russie, Bruxelles n'en est pas aux sanctions

A suivre en direct sur LCI.fr : Conférence de presse à 18h15 ce lundi 

Un "dialogue ferme" comme le prône Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, ou une révision "totale" (voire une suspension du dialogue) des relations entre l'UE et la Russie, comme l'a menacé ce dimanche le Premier ministre britannique Gordon Brown ? A l'initiative du président français, qui assure la présidence tournante de l'UE, les 27 se réunissent ce lundi en Conseil européen extraordinaire à Bruxelles, trois semaines après le début des hostilités en Ossétie du Sud et quelques jours après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, pro-russes.

Faute d'unité de points de vues entre les dirigeants européens, l'Union européenne devrait afficher une position commune européenne, soit faire des remontrances envers la politique russe vis-à-vis de la Géorgie, sans adopter de sanction contre Moscou. Si certains lui reprochent sa faiblesse envers Moscou, le chef de l'Etat français entend continuer à faire prévaloir la voie d'un "dialogue ferme" avec Moscou pour apaiser la crise dans le Caucase. Ce que le ministre allemand des Affaires étrangères a décrypté dimanche : l'UE ne devrait pas isoler la Russie. L'idée est lundi de "mettre sous surveillance" les relations UE-Russie.

Un retour à la  Guerre froide, que Moscou disait mardi dernier ne pas craindre, n'est pas à l'ordre du jour. Car sur ce point, Paris et Berlin s'opposent aux pays membres de l'UE qui, comme les anciens satellites de Moscou, réclament des mesures plus dures. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs demandé dimanche au téléphone au Premier ministre polonais Donald Tusk de soutenir cette position française et de ne pas réclamer de sanctions contre la Russie, selon le centre de presse du gouvernement polonais. D'autant que l'Europe est dépendante énergiquement de la Russie
 
Moscou souffle le chaud et le froid

Ce que Medvedev s'est plu à rappeler dimanche. Prévenant que la Russie n'avait certes pas l'intention de limiter ses exportations de pétrole et de gaz vers l'Europe, le leader russe a aussi assuré que son pays (qui fournit environ un quart du gaz consommé par l'UE et une partie de son pétrole) allait les "diversifier". Annonce faite dimanche à la veille donc du sommet de Bruxelles... Soulignant que la Russie aussi pouvait prendre des sanctions, le président russe a aussi dit rejeter un monde dominé par les Etats-Unis et expliqué que la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie était "irrévocable" (lire notre article). Un discours ferme, ne faisant pas écho au nouveau ton affiché par les russes

Ces derniers jours en effet, Dmitri Medvedev s'est notamment prononcé pour l'envoi d'observateurs supplémentaires de l'OSCE dans la zone de sécurité pour assurer "une surveillance impartiale des actions du gouvernement géorgien". Et Moscou serait prête à voir une "participation de représentants de l'Union européenne" dans "la surveillance des zones de sécurité autour de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie". Ce que, jusque là Moscou envisageait mal.

En vue du Conseil européen, le chef de la diplomatie russe a en outre accordé un entretien à un journal allemand. Une interview publiée lundi matin, à l'ouverture du sommet. Il y appelle à une résolution rapide de la crise avec la Géorgie et dit la "reconnaissance" de Moscou pour "les efforts de la présidence française de l'UE et nous tiendrons tous les engagements prévus par le plan Medvedev-Sarkozy dans la forme où ils ont été approuvés", dit-il. La Russie n'a aucun intérêt à voir s'installer en Europe de nouvelles divisions, près de 20 ans après la chute du Rideau de fer, assure le ministre russe. "Cependant il doit être clair qu'une large coopération dans les domaines de l'économie et de la politique de sécurité ne peut être obtenue qu'en parlant d'égal à égal, et que (une telle coopération) doit prendre en compte nos intérêts", prévient-il.

Des sommations donc

Ce sera donc un "texte équilibré et ferme" sans sanction mais proposant "des démarches très précises" dont discuteront les 27, a indiqué dimanche le chef de la diplomatie, Bernard Kouchne, sur France 3. En définitive, la Géorgie devrait obtenir la promesse d'une aide et le soutien verbal des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Ils devraient aussi demander au Kremlin de respecter les termes du plan de paix en six points, qui prévoit le retrait des troupes russes de Géorgie. Plan que Dmitri Medvedev assure avoir appliqué à la lettre. Mais, malgré le départ des forces de Moscou d'une majeure partie du territoire géorgien la semaine dernière, des soldats russes patrouillent toujours dans la ville portuaire de Poti, sur les bords de la mer Noire, et tiennent encore des barrages sur et autour du principal axe autoroutier du pays.
 
Au moment où les 27 seront réunis à Bruxelles, des dizaines de milliers de Géorgiens devraient participer à des manifestations à Tbilissi et dans les principales villes géorgiennes pour dénoncer "l'agression russe" contre leur pays.

Par Diane HEURTAUT (avec agences) le 31 août 2008 à 16:22
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11 Commentaires

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  • Ratgemini, le 01/09/2008 à 14h11

    Dans chaque article de presse occidental, remplaçons les mots "Ossétie du Sud et Abkhasie" par le mot "Kosovo, le mot "Georgie" par le mot "Serbie" , le mot "Russie" par ll'un ou plusieurs des mots suivants "Amérique, OTAN, Union-Européenne" ... le ton et la position de chacun des protagonistes changent... l'évènement est pourtant similaire! La réalité, c'est que les dirigeants d'une Amérique en pleine crise, voudraient désorganiser leur principal concurrent : l'Union Européenne. Les intérêts des dirigeants américains ne sont pas les notres, ni ceux de leur peuple. L'Europe a été édifiée pour s'unir et se développer culturellement, économiquement etc.. Aujourd'hui, les derniers nostalgiques du mur de Berlin sont les dirigeants Américains alliés aux dirigeants de pays issus du "bloc socialiste", souvent en désaccord avec leurs propres populations.

  • Jean, le 01/09/2008 à 13h03

    "Dialogue ferme", en langage diplomatique et employé vis-à-vis de puissances comme la Russie et la Chine, ça veut dire qu'on la "ferme" et qu'on s'écrase...

  • Patrick, le 01/09/2008 à 11h12

    L'Europe a besoin d'une Russie forte ! Extraits d'une pétition de L'Esprit Européen à l'attention de : Monsieur Nicolas Sarkozy, président du Conseil de l'Union européenne Auteur : Pierre Le Vigan écrivain et journaliste Depuis la chute du Mur de Berlin, l?Europe a retrouvé ses frères séparés du centre et de l?est : polonais, roumains, hongrois, etc. Non seulement les pays de l?ancien « Pacte de Varsovie » ont retrouvé leur indépendance mais d?anciens pays rattachés de force à l?URSS sont devenus indépendants : les trois Pays baltes, la Géorgie, l?Arménie, etc. Conséquence : la Russie s?est trouvée plus réduite géographiquement qu?à la fin du règne de Catherine II, au XVIIIe siècle. Jamais une grande puissance n?a accepté autant de reculs sans guerre, et ce pour le plus grand bien de l?humanité. Mais il y a des limites à ne pas franchir. Quand les pays limitrophes de la Russie se rapprochent de l?Alliance « atlantique », de son organisation militaire l?OTAN, s?alignent sur la politique offensive et parfois belliciste des États-Unis d?Amérique, la Russie a le sentiment que ces politiques anti-russes et pro-américaines de pays voisins constituent autant de menaces contre elle [...] Vouloir encercler la Russie, vouloir l?écarter du règlement des affaires du monde, la marginaliser, déformer la présentation de ses actes, intoxiquer les opinions sur sa politique prétendue impérialiste, c?est agir contre l?Europe ; Oui l?Europe a besoin d?une Russie forte, elle a besoin d?une Russie respectée, elle a besoin d?une Russie en sécurité sur ses frontières. Non, ce n?est pas la Russie qui est menaçante, c?est l?expansionnisme de l?OTAN qui est facteur de risques de guerre [...] L?Europe ne doit pas être solidaire d?une politique de confinement dirigée contre la Russie. Amitié et paix avec la Russie éternelle. Pour signer et/ou commenter la pétition : http://www.esprit-europeen.fr/agora_enjeux_petition.html

  • Poe, le 01/09/2008 à 10h21

    Les russes n'ont aucun souci à se faire on n'est troin loin d'arriver un jour à former une armée européenne solide et unie qui puisse peser de son poids contre le bloc russe ou américain.

  • Béatrice, le 01/09/2008 à 10h17

    C'est vraiment du foutage de figure, après la serbie et le kosovo, que la plupart ont cautionnés, la georgie et ses provinces, et là subitement il faut prendre des décisions contre la russie, je suis pas une intello mais faut arrêter l'intoxication médiaditique et politique. A moins que ses politiques y compris la russie se soit auparavant mis d'accord, je te donne le kosovo mais je prend tel province en georgie!!

  • Michel, le 01/09/2008 à 09h05

    Madame, Monsieur, C'est sûr que nous sommes arrêté par l'énergie :mazout et gaz. La source est où? Il faut ouvrir la Turquie dans l'UE. Cordialement Michel Simonet

  • Geesse, le 01/09/2008 à 08h56

    La Russie ne tremble pas vraiment de peur devant l'UE... elle s'en moque ouvertement, même car elle nous tient par l'énergie... C'est la preuve éclatante que l'europe n'existe pas et n'impressionne personne. Quant à la pauvre petite France... il suffit de savoir que la Russie a fait entrer en quelques heures en Georgie, l'équivalent de la totalité des divisions blindées françaises ou presque... C'est très grave tout çà, car nous allons aller de Munich en Munich, jusqu'à ce que la russie ai reconquis toutes ses anciennes (petites) républiques... tristes souvenirs.

  • Herve12, le 01/09/2008 à 08h37

    Quand l'UE se prend en mains, et que tout le monde est 'ferme' mais raisonnable et respectueux des autres, tout s'arrange.

  • Max, le 01/09/2008 à 07h41

    Bernard Kouchner a ete le premier a parler de sanctions... elles sont maintenant ecartees avant meme la discussion, une nouvelle fois la politique de Mr Sarkozy est placee sous le signe de la girouette... quelle credibilite pouvons nous avoir???

  • Gilbert, le 01/09/2008 à 07h29

    Avec les éléments donnés par les journaux concernant la politique menéé face a la Russie il faut entendre par les politiques beaucoup de bruits pour pas grand chose les Russes doivent rigoler de nos hommes politiques Européens pleins de bonne volontées mais ils s'arretent aux intentions heureusement que les Russes sont arretés en Géorgie voila l'Europe

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