Sarkozy félicite Medvedev, mise en garde sur Poti

Par D.H. (avec agence), le 23 août 2008 à 14h07 , mis à jour le 23 août 2008 à 20h43

Si le président français a "remercié" samedi son homologue d'avoir tenu ses engagements, Paris et Washington demandent un "retrait rapide" de Poti.

[Expiré] [Expiré] Poti Géorgie Russie © AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Cette fois, on serait bel et bien sur la bonne voie. Alors qu'au moins 400 véhicules militaires russes, dont une trentaine de chars, quittaient samedi la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud en direction de la Russie, selon un journaliste de l'AFP, Nicolas Sarkozy a "remercié le président (russe) Medvedev d'avoir tenu ses engagements concernant le retrait des troupes russes". "Concernant la zone adjacente à l'Abkhazie, le président Sarkozy a insisté sur l'importance du retrait rapide des militaires russes présents sur l'axe Poti/Senaki", souligne toutefois le communiqué de l'Elysée.

Même demande de la part des Américains. La Maison Blanche a mis en garde Moscou samedi contre une présence permanente russe autour et dans le port géorgien de Poti sur la mer Noire, affirmant que cela violerait l'accord de cessez-le-feu. "Il y a des exigences très spécifiques pour le retrait russe. Installer des infrastructures et des points de contrôle permanents ne sont pas cohérents avec l'accord", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche.

Le sort des républiques séparatistes en discussion lundi à Moscou

Car si les Russes assurent respecter le cessez-le-feu, les forces russes de maintien de la paix vont continuer à contrôler la ville portuaire géorgienne de Poti, sur la mer Noire, "et dans d'autres points de peuplement", en y effectuant des patrouilles, a annoncé un peu plus tôt un chef d'état major adjoint de l'armée russe. Et ce "en conformité avec l'accord en six points". "Poti n'est pas dans la zone de sécurité. Cela ne veut pas dire que nous resterons derrière les barrières à regarder comment ils circulent sur leur Humvee (véhicules tout terrain américains)", a-t-il ajouté, alors que près de 1.000 Géorgiens ont manifesté samedi contre la présence d'une vingtaine de soldats russes près de Poti, enjoignant les militaires à quitter les lieux.

Dans une interview au Parisien (de dimanche), le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, analyse par ailleurs le conflit russo-géorgien comme "une action qui n'était pas raisonnable" du pouvoir géorgien "et qui a été le facteur déclenchant", suivie d'une "réaction que l'on peut considérer comme disproportionnée de la Russie". "Il faut avoir avec Moscou un fil de dialogue" souligne-t-il, avant de juger que les Européens ne peuvent pas "accepter la perspective d'une nouvelle guerre froide".

Dans ce contexte encore flou, le Parlement russe va examiner lundi une possible reconnaissance par Moscou de l'indépendance des territoires séparatistes de Géorgie, moins de trois semaines après l'échec de l'offensive militaire de Tbilissi pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud. Une reconnaissance par la Russie de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie constituerait un camouflet pour la Géorgie et s'apparenterait à un retour de bâton pour les Européens après la reconnaissance du Kosovo. Des experts estiment cependant que la Russie n'ira pas aussi loin, le flou autour du statut actuel d'autonomie des deux républiques séparatistes pro-russes arrangeant Moscou.

La Russie accuse la Géorgie de préparer des actions armées en Ossétie du Sud
 
En attendant, les forces russes agissent en Géorgie en pleine conformité avec le plan de paix négocié par la France, a affirmé samedi le chef d'état major adjoint de l'armée russe, rejetant ainsi les accusations des Occidentaux. "Toutes les activités du contingent de maintien de la paix russe reposent sur les six principes qui ont été signés par les présidents de Russie et de France", a-t-il dit, alors que George W. Bush et Nicolas Sarkozy ont pressé vendredi soir la Russie d'achever son retrait de Géorgie et de respecter l'accord de cessez-le-feu. Selon un porte-parole de la Maison Blanche, les présidents américain et français ont estimé lors d'un entretien téléphonique que la Russie n'agissait "pas en conformité" avec l'accord de cessez-le-feu et devait "se mettre en conformité immédiatement".
 
Le chef d'état major adjoint de l'armée russe a accusé la Géorgie de préparer des actions armées en Ossétie du Sud, désormais par l'armée russe. "Des unités et groupements se concentrent dans le centre de la république (géorgienne) et se préparent à de novelles actions", a affirmé le chef d'état major-adjoint, accusant également l'Otan d'utiliser le prétexte de la livraison d'aide humanitaire à la Géorgie pour accumuler des forces navales supplémentaires en mer Noire.

Par D.H. (avec agence) le 23 août 2008 à 14:07
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