La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, à Tbilissi le 15 août 2008 © TF1-LCI 
Reportage : En Ossétie du Sud, des scènes insupportables
Medvedev, Saakachvili, Bush, Merkel, Rice... Si le dialogue est en marche, les discours divergent. A l'issue de son entretien avec Condoleezza Rice, arrivée vendredi matin à Tbilissi présenter les aménagements au plan de paix de Paris, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a annoncé avoir signé "l'accord de cessez-le-feu" avec "l'occupant" russe.
Aussitôt, la secrétaire d'Etat américaine a déclaré que les forces russes présentes en Géorgie, qui n'ont "pas honoré" leur promesse de cesser toute opération militaire, devaient "partir immédiatement", Tbilissi ayant signé l'accord. Un convoi de dix blindés russes a avancé vendredi en territoire géorgien à partir de la ville stratégique de Gori et s'est arrêté à 40 km de Tbilissi, selon un journaliste de l'AFP. Et des blindés russes ont pris position autour de deux nouvelles villes du centre de la Géorgie, selon Saakachvili.
Seconde étape : la Russie. Selon le Kremlin, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev ont examiné vendredi soir au téléphone des questions concernant la signature finale du plan. Lors de ce coup de fil, le président russe a assuré que son pays allait signer l'accord de cessez-le-feu et respecter "scrupuleusement" ses engagements "notamment concernant le retrait des forces russes", a indiqué l'Elysée.
Quid de l'avenir ?
L'accord en tous cas n'engage pas la Géorgie sur l'avenir de ses territoires, a dit Rice. La Géorgie ne cèdera jamais le moindre "kilomètre carré" de son territoire, a d'ailleurs martelé Saakachvili, affirmant que l'accord de cessez-le-feu n'était en aucun cas un accord de fin de conflit et rappelant que son pays était toujours "occupé" par l'armée russe. Dmitri Medvedev avait pour sa part affirmé en début d'après-midi que son pays était le "garant" de la sécurité dans le Caucase, jugeant même peu probable que l'Abkhazie et l'Ossétie restent en Géorgie.
En attendant, mission accomplie pour la secrétaire d'Etat américaine, venue après avoir rencontré Nicolas Sarkozy pour affirmer le soutien de Washington à la Géorgie face à Moscou et obtenir, après l'accord de principe obtenu par Sarkozy, "un accord formel de cessez-le-feu" suite aux "importants éclaircissements" apporté au texte afin de s'assurer que les intérêts géorgiens étaient "protégés". Le plan de paix en six points négocié mardi par la France prévoit le retour des combattants géorgiens dans leurs casernes et le retrait des troupes russes sur leurs positions d'avant le début, le 8 août, du conflit dans la région séparatiste d'Ossétie du Sud. Les entretiens entre Rice et Saakachvili, prévus pour durer une heure et demie, ont finalement pris cinq heures. Condie Rice a appelé au moins deux fois le conseiller diplomatique du président français Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte, Tbilissi pour préciser tel ou tel point du plan.
Sarkozy veut "l'adoption rapide d'une résolution" de l'ONU
Les Etats-Unis considèrent nécessaire à terme l'envoi d'une "force internationale de maintien de la paix impartiale" en Géorgie, a déclaré Condoleezza Rice, paèrs la signature par la Géorgie de l'accord. Or la Russie n'est pas contre une force de paix internationale mais Abkhazes et Ossètes ne font confiance qu'aux Russes et la Russie réagira de nouveau si ses citoyens sont attaqués, avait estimé un peu plus tôt le président russe à l'issue d'entretiens avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Celle-ci a pour sa part déclaré que la réaction russe à l'offensive géorgienne "disproportionnée" et que l'intégrité territoriale de la Géorgie était primordiale.
Au même moment, George Bush tenait un discours aux Etats-Unis. Moscou doit "honorer son engagement de retirer ses troupes de tout le territoire géorgien", déclarait le président américain vendredi matin, tout en affirmant qu'une relation "conflictuelle" avec la Russie n'était pas dans l'intérêt des USA. Nicolas Sarkozy a de son côté souhaité "l'adoption rapide d'une résolution au Conseil de sécurité" sur le conflit après la signature de Tbilissi.
| Bouclier anti-missile : l'autre point de désaccord |
La visite de Condi Rice à Tbilissi s'inscrit dans un contexte de fortes tensions américano-russes que devrait contribuer à accroître l'accord conclu jeudi soir sur l'implantation en Pologne d'éléments du bouclier antimissile américain. Vendredi, un haut responsable militaire russe a prévenu qu'en acceptant le déploiement d'éléments du bouclier antimissile américain, la Pologne devenait une cible "prioritaire" pour d'éventuelles frappes contre ce système. Le système antimissile que Varsovie et Washington ont convenu d'installer "a pour cible la Fédération de Russie", a déclaré Dmitri Medvedev vendredi. La Pologne a confirmé qu'elle était prête à laisser la Russie inspecter le site de la future base américaine qui accueillera d'ici 2012 des éléments du bouclier antimissile américain. |
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