Condoleezza Rice et Nicolas Sarkozy © TF1-LCILes Etats-Unis passent à la vitesse supérieure dans les négociations entre Russes et Géorgiens. Jeudi matin, la secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice s'est envolée pour l'Europe, où elle a rencontré dans l'après-midi Nicolas Sarkozy, au fort de Brégançon. Elle a immédiatement donné le ton, martelant qu'il était "temps de mettre un terme à la crise". La secrétaire d'Etat a souligné que le président russe Dmitri Medvedev avait promis de cesser les opérations militaires russes en Géorgie. "Nous espérons qu'il tiendra parole", a-t-elle déclaré après sa rencontre avec le chef de l'Etat français.
Codoleezza Rice doit ensuite se rendre en Géorgie, où elle rencontrera vendredi le président Mikheïl Saakachvilii. Un voyage que la secrétaire d'Etat américaine ne fera pas les mains vides, selon Nicolas Sarkozy. Elle sera "porteuse d'un certain nombre de documents" susceptibles "de consolider le cessez-le-feu" et "d'amorcer le retrait des troupes russes". "Si demain, le président (Mikheïl) Saakachvili signe ces documents, alors pourra s'amorcer le retrait des troupes russes", a ajouté le président français. Selon un responsable américain, Condoleezza Rice ne présentera "pas de nouveau document", mais "des clarifications sur ce que signifient certains termes" du plan en six points. "L'intégrité territoriale [de la Géorgie] est une question, une autre question concerne les arrangements de sécurité que les Russes pourraient conserver", a expliqué le responsable américain.
Le retrait des troupes prévu vendredi
Pour autant, si les Etats-Unis sont désormais au coeur du jeu diplomatique, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a exclu jeudi l'utilisation de la force militaire américaine dans le conflit qui oppose la Géorgie et la Russie. "C'est très clair", a-t-il assuré, ajoutant par ailleurs que l'armée américaine avait annulé un second exercice militaire prévu à la fin du mois conjointement avec la Russie. "Si la Russie ne fait pas un pas en arrière par rapport à son attitude agressive et à ses actions en Géorgie, les relations américano-russes pourraient être affectées négativement dans les années à venir", a-t-il averti.
Sur la terrain, la situation reste en tout cas préoccupante. Les Géorgiens accusent Moscou de "détruire" la ville de Gori ainsi que le port de Poti. Selon le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, environ 130 blindés russes ont quitté la ville de Zougdidi pour pénétrer davantage encore dans le territoire géorgien. Des accusations que rejettent les Russes, qui affirment au contraire avoir pris la décision de retirer leurs troupes dès vendredi. La communauté internationale doute, elle aussi, de l'efficacité du cessez-le-feu. Paris appelle l'ONU à adopter une résolution au plus vite et Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, a fait part de ses "inquiétudes". Les Etats-Unis ont adressé plusieurs mises en garde aux Russes que Condoleezza Rice a déjà prévenu du risque "d'isolement international" qu'ils encourraient. La réponse de Moscou ne s'est pas faite attendre, le Kremlin a déclaré que le soutien américain à la Géorgie risquerait d'aboutir "à la répétition du tragique scénario" de l'Ossétie du Sud
(D'après agence)
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