Nicolas Sarkozy et son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili, le 12 août 2008 © TF1/LCI |
| Que faut-il attendre du plan de paix ? |
Mission accomplie pour Nicolas Sarkozy qui est de retour mercredi matin au Cap Nègre après sa visite éclair à Moscou puis à Tbilissi. Le plan de paix, proposé par le président français au nom de l'Union européenne à la Russie et à la Géorgie, a été approuvé par les deux pays mardi dans la soirée. Après avoir rencontré Dmitri Medvedev à Moscou puis Mikheïl Saakachvili à Tbilissi, Nicolas Sarkozy a présenté le plan à la presse en présence de son homologue géorgien. Selon ce plan, les partis doivent s'engager à ne pas "recourir à la force", à "cesser les hostilités de façon définitive" et à assurer un "accès libre à l'aide humanitaire". Conformément à ce qu'a annoncé Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse, tenue conjointement avec Dmitri Medvedev, les forces militaires géorgiennes doivent retourner "dans leur lieu habituel de cantonnement", tandis que les forces russes doivent se retirer "sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités".
Le sixième point prévoyait initialement "l'ouverture de discussions internationales sur le statut futur et les modalités de sécurité durable en Abkhazie et en Ossétie du Sud", les deux territoires séparatistes pro-russes en Géorgie. La mention "statut futur" a finalement été retirée à la demande du président géorgien et en accord avec le président russe. "Ce texte servira de base à la préparation d'un document juridique sous la forme d'une résolution qui sera déposée au Conseil de sécurité de l'Onu", a affirmé Nicolas Sarkozy. Mikheïl Saakachvili est "tombé dans un piège grossier" en lançant une offensive militaire en Ossétie du Sud et il "a joué et perdu", a-t-on estimé dans l'entourage du président français Nicolas Sarkozy.
Par ailleurs, la Géorgie a porté plainte devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la Russie pour "nettoyage ethnique", a annoncé la CIJ dans la soirée. Cinq dirigeants d'anciens pays communistes, la Pologne, l'Ukraine et les Etats baltes, étaient venus mardi soir à Tbilissi soutenir la Géorgie. Le temps de la domination russe "est passé" en Géorgie, a notamment lancé le président polonais Lech Kaczynski, devant des dizaines de milliers de personnes réunies devant le Parlement géorgien. Sur le terrain, la situation est restée confuse mardi, les Russes accusant les Géorgiens ne ne pas respecter le cessez-le-feu, mais annonçant pour leur part avoir pris le contrôle de l'aéroport de Senaki, proche de l'Abkhazie, dans l'ouest de la Géorgie. Deux journalistes, l'un géorgien et l'autre néerlandais, ont été tués dans le bombardement de la ville géorgienne de Gori.
La Géorgie veut quitter la CEI
Mardi, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a de son côté fait une annonce qui devrait fâcher Moscou. "La Géorgie quitte la CEI", a déclaré le chef de l'Etat géorgien devant quelque 70.000 personnes, réunies face au siège du Parlement. "Nous pressons l'Ukraine et d'autres pays de suivre cette décision", a-t-il ajouté. La Géorgie a également demandé une "assistance militaire" à l'Otan, afin notamment de remplacer son système de radars, détruit par l'offensive russe. Selon Moscou, la Géorgie n'avait pas d'autre choix que d'accepter le plan de paix présenté à Moscou par Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev. Sinon, "nous serons contraints de prendre d'autres mesures pour ne pas permettre la moindre possibilité d'une répétition de la situation qui a résulté de l'agression de la Géorgie" contre l'Ossétie du Sud, avait averti mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Zalmay Khalilzad, a en tout cas salué l'apaisement moscovite. "Maintenant, nous devons voir si les Russes non seulement arrêtent les opérations militaires mais aussi redéploient (...) et retirent les troupes qui ont été envoyées en Géorgie", a tempéré Khalilzad à la radio publique américaine NPR. Un haut responsable américain a également assuré que l'intégration de la Russie à des institutions internationales comme l'OMC ou le G8 risque d'être mise en cause par l'intervention militaire de Moscou en Géorgie. L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe s'est déclarée de son côté prête à participer à la surveillance d'un cessez-le-feu. Pour l'Otan, qui a condamné l'usage "abusif de la force" par la Russie, l'arrêt de l'offensive en territoire géorgien est "important mais insuffisant".
Des milliers de manifestants soutiennent Mikhaïl Saakachvili |
Une foule d'au moins 150.000 personnes a applaudi mardi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili devant le parlement géorgien, le soutenant dans la crise opposant son pays à la Russie à propos de l'Ossétie du Sud. Aux cris de "Géorgie, Géorgie", des manifestants brandissaient des pancartes traitant Poutine de terroriste. A cette occasion, le président géorgien a réclamé le soutien de la communauté internationale pour dénoncer l'incursion de la Russie en Géorgie. |
(D'après agence)
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