Troupes russes quittant Gori (22 août 2008) © TF1/LCI"Personne ne souhaite en revenir au temps de la Guerre froide", l'Otan n'est pas "un adversaire mais un partenaire de la Russie" : poursuivant ses efforts affichés de médiation dans la crise russo-géorgienne, Nicolas Sarkozy a réaffirmé mercredi, devant 180 diplomates de haut rang, sa volonté d'éviter la confrontation. Et dès mercredi soir, joignant par téléphone successivement son homologue russe Dmitri Medvedev, puis son homologue géorgien Mikheïl Saakachvili, il a plaidé pour "l'urgente nécessité de faire baisser la tension" dans le Caucase.
Au cours de cette "longue conversation" téléphonique, selon l'Elysée, le président français a appelé à "appliquer pleinement les six points de l'accord de cessez-le-feu" négocié par lui-même, au nom de l'Union européenne dont la France exerce actuellement la présidence, le 12 août. Le chef de l'Etat a également "rappelé les positions de la présidence du Conseil de l'UE concernant la décision russe de reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud". La France avait, au nom de l'UE, "condamné fermement" cette décision mardi. Nicolas Sarkozy a en outre "évoqué" la tenue d'un conseil européen extraordinaire sur la crise en Géorgie le 1er septembre. A propos du plan en six points, la présidence française a précisé que "la mise en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité, ainsi que la question des réfugiés" avaient fait l'objet de "discussions approfondies".
"L'enjeu de cette guerre n'a jamais été l'Ossétie du Sud ou la Géorgie"
Mikheïl Saakachvili, pour sa part, multiplie les appels à l'aide au camp occidental. Dans une tribune publiée ce jeudi par le Financial Times, il accuse : selon lui, la prochaine étape, dans la stratégie de Moscou, sera de provoquer un "changement de régime" en Géorgie - en le faisant tomber. Mais, écrit-il, la Russie a des visées bien plus lointaines : "Si Moscou peut faire tomber le gouvernement démocratiquement élu de la Géorgie, elle pourra ensuite intimider d'autres gouvernements européens démocratiques. Où cela se terminera-t-il?"
"Tous les doutes sur les raisons de l'invasion de la Géorgie par la Russie se sont dissipés", affirme le président géorgien. "En reconnaissant illégalement les territoires géorgiens d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, Dmitri Medvedev, le président de la Russie, a clairement exposé que l'objectif de Moscou était de redessiner la carte de l'Europe en recourant à la force. L'enjeu de cette guerre n'a jamais été l'Ossétie du Sud ou la Géorgie".
Dick Cheney attendu dans le Caucase
Selon lui, "Moscou se sert de cette invasion, préparée au fil des années, pour reconstituer son empire, accroître son contrôle sur les livraisons de produits énergétiques à l'Europe et punir ceux qui pensent que la démocratie peut prospérer à ses frontières". Le numéro un géorgien assure que Moscou a "cyniquement jeté les bases" de son intervention en Géorgie en distribuant illégalement des passeports russes aux habitants d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, "fabriquant" ainsi des citoyens russes à protéger.
Les Etats-Unis s'inquiètent eux aussi d'une possible extension du conflit géorgien, notamment à l'Ukraine et l'Azerbaïdjan, qui aurait un impact désastreux sur leurs intérêts stratégiques, tout particulièrement énergétiques. Signe le plus tangible de cette inquiétude, Dick Cheney se rendra la semaine prochaine en Géorgie, en Ukraine et en Azerbaïdjan. En annonçant cette tournée lundi, la Maison Blanche a précisé que George W. Bush avait chargé son vice-président de "discuter avec ces partenaires clefs de nos intérêts réciproques".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




