Les blessés du crash de Madrid © TF1-LCI
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Au moins 100 personnes sont mortes dans le crash Les précisions du correspondant de LCI à Madrid Les difficultés du décollage expliquées par un pilote |
L'accident s'est produit ce mercredi à 14h45 au niveau du terminal numéro 4 de l'aéroport international de Barajas à Madrid. Un McDonnell Douglas MD-82 de la compagnie espagnole Spanair s'apprêtait alors à décoller. Il s'agissait du vol JK5022 à destination de Las Palmas, aux Canaries - un vol partagé avec la compagnie aérienne allemande Lufthansa - qui transportait 162 passagers et 10 membres d'équipage.
Mais l'appareil a manqué son décollage et s'est écrasé à l'aéroport même. Depuis l'accident, des incertitudes demeuraient sur le bilan de la catastrophe. Mais en fin de soirée la ministre des Infrastructures a annoncé le terrible bilan de 153 morts et de 19 blessés. Deux des blessés n'ont pas encore été identifiés, selon le ministère. Les derniers chiffres du gouvernement faisaient état de 100 victimes et au cours de la soirée, les médias estimaient qu'entre 100 et 150 personnes avaient trouvé la mort dans l'accident.
Le réacteur gauche aurait explosé
Il y aurait des ressortissants allemands parmi les passagers. Selon la compagnie aérienne Lufthanza, quatre des passagers enregistrés sur l'avion accidenté de la Spanair étaient arrivés à Madrid en correspondance depuis l'Allemagne. La compagnie espagnole opérait le vol à destination de Las Palmas en partage de code avec Lufthansa qui a précisé dans un communiqué qu'un total de sept passagers devant voyager sur le vol accidenté avaient acheté leurs billets auprès de la compagnie allemande. Lufthansa a envoyé à Madrid une équipe d'assistance psychologique pour appuyer les efforts de Spanair visant à aider les victimes et leurs familles, selon la compagnie qui n'a pu préciser si des Allemands faisaient partie des victimes. Des passagers néerlandais et suédois auraient également été à bord.
Selon le site internet du quotidien espagnol El Mundo, le réacteur gauche de l'appareil aurait explosé au moment de l'envol. L'avion se serait alors brisé en deux. Selon un autre secouriste cité sur le site de El Mundo, la carcasse de l'avion "était pleine de cadavres carbonisés". Une épaisse colonne de fumée s'élevait des lieux de l'accident. "Seule la queue était reconnaissable, il y avait des débris éparpillés partout et des corps dans une large zone. Il y avait beaucoup d'enfants", a déclaré le sauveteur qui a dirigé les opérations de secours. Une porte-parole du gestionnaire aéroportuaire Aena a déclaré que l'aéroport était en "état d'urgence". Onze camions de pompiers ont été mobilisés, selon les services d'urgence. Quant aux circonstances de l'accident, elles restent floues. Le Pdg de la compagnie scandinave SAS, Mats Jansson, a indiqué qu'il n'avait pas encore de réponses aux nombreuses questions sur cette catastrophe. "Il y a beaucoup de questions qui méritent des réponses, pour l'instant il n'y a pas de réponses", a déclaré a-t-il déclaré avant de s'envoler pour Madrid.
Dans les couloirs de l'aéroport, des policiers empêchaient les dizaines de journalistes présents de s'approcher des familles des victimes. Une trentaine de vols subissait des retards de plus de 7 heures au décollage et le terminal 4 de l'aéroport était relativement vide de touristes en plein mois d'août.
Sarkozy exprime son soutien à l'Espagne
Le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, a interrompu ses vacances et était en route vers l'aéroport de Madrid mercredi après-midi, a déclaré un porte-parole de la présidence du gouvernement. Plusieurs ministres étaient sur place, notamment la ministre des Infrastructures, Magdalena Alvarez, le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba et le ministre du Travail Celestino Corbacho. Un deuil de 3 jours a été décrété dans la région et dans la ville de Madrid et une chapelle ardente devait être installée au Palais des Congrès de la capitale espagnole.
En France, Nicolas Sarkozy a déclaré : "En ces circonstances douloureuses, le chef de l'Etat tient à exprimer au roi d'Espagne, Juan Carlos I, et au président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, en son nom personnel et au nom du peuple français, tout son soutien dans cette épreuve qui vient d'endeuiller leur pays." Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat chargé des Transports a également envoyé ses condoléances à son homologues. Le Premier ministre François Fillon a s'est adressé à son homologue espagnol José Luis Rodriguez Zapatero. "C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris le terrible accident d'avion qui s'est produit aujourd'hui à Madrid", a déclaré François Fillon.
Le numéro de vol est le JK 5022. Spanair a mis a disposition des familles des proches un numéro d'urgence 00 34 800 400 200
Un incident spanair samedi dernier aux Canaries |
Samedi dernier, dans l'après-midi, un avion de la Spanair a dû atterrir à l'aéroport de Grande Canarie, trente minutes après son décollage de l'aéroport de Lanzarote. Selon le site espagnol Europa Press, qui relate l'information, il ne s'agissait pas d'une mesure d'urgence. Le commandant de bord se serait rendu compte d'un défaut dans un générateur et aurait préféré poser l'appareil, un McDonnell MD-82, pour effectuer une opération de maintenance. "Pour sa part, la tour de contrôle [de l'aéroport de Grande Canarie] a entendu qu'il y avait un défaut dans le moteur", ce qui a entraîné la mise en branle du protocole d'urgence, à savoir l'intervention des pompiers et de quatre ambulances. "Finalement, conclut Europa Press, l'avion a atterri sans aucun type d'incident et tant les passagers que l'équipage a pu quitter l'appareil" sans aucune assistance. M.D. |
| Spanair est la deuxième compagnie espagnole |
Filiale à 100% du groupe scandinave SAS, la compagnie aérienne Spanair est la deuxième compagnie espagnole derrière Iberia. Fondée en 1986, Spanair opère essentiellement sur des vols intérieurs en Espagne et sur des vols européens avec une flotte actuelle de 65 appareils dont 36 McDonnell Douglas de la série MD-80, le type d'appareil accidenté mercredi. Elle est en outre membre de Star Alliance depuis 2003, une alliance concurrente de celle d'Iberia, One World. Mais depuis le début de l'année, Spanair a enregistré des pertes, en raison principalement du prix élevé du pétrole mais aussi de la baisse de la clientèle et de l'excès de compagnies opérant en Espagne. En juin, la maison-mère, le groupe aérien Scandinavian Airlines System, qui projetait de vendre cette filiale, avait annoncé qu'elle y renonçait finalement, évoquant des conditions de marché difficiles. Un mois plus tard, Spanair dévoilait un plan de restructurations qui se traduira par le licenciement de 1.100 personnes sur les 4.000 employés. |
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