Ce qu'avait signalé le pilote de la Spanair

le 21 août 2008 à 08h25 , mis à jour le 21 août 2008 à 23h04

Selon la compagnie aérienne, peu avant le crash du vol JK 5022, le pilote avait signalé lors d'une première tentative de décollage un problème sur une prise d'air.

Crash en EspagneCrash en Espagne © TF1-LCI

L'accident d'un avion de la Spanair qui a fait 153 morts mercredi après-midi à l'aéroport de Madrid est intervenu en phase de décollage, mais les circonstances précises de la tragédie restaient à déterminer. Le décollage était prévu à 13 heures locales, mais un problème technique avait été constaté alors que l'avion approchait de la piste. D'où une deuxième tentative, cette fois fatale. La nature de cet incident resté jusqu'alors mystérieux, et soupçonné d'être lié directement au drame, a été dévoilée jeudi par la Spanair. "Le pilote, avant le décollage, est retourné à la porte d'embarquement,  informant de l'existence d'un problème de surchauffe sur une prise d'air", a  déclaré lors d'une conférence de presse à Madrid le sous-directeur général de la compagnie aérienne. Cette fameuse prise d'air se situe sous une fenêtre du cockpit de pilotage et n'est donc pas liée au réacteur. "Le problème a été résolu en accord avec les règlements", a-t-il ajouté, précisant que le personnel technique avait "isolé" la prise d'air, en l'éteignant, ce qui est réglementaire.

Cet incident ne semble donc pas éclairer l'origine du crash. Selon la ministre espagnole des Infrastructures Magdalena Alvarez, à l'instant du drame, l'avion MD 82 avait commencé à décoller, ses roues avant quitté le sol, mais il reste à vérifier si c'était également le cas des roues arrière. A ce moment-là, selon les médias espagnols, le moteur gauche de l'avion aurait pris feu et l'appareil, déséquilibré, serait sorti vers la droite de la piste, avant de se disloquer sous le choc, le feu se propageant rapidement à toute la carlingue. Certains experts estiment toutefois qu'un incendie de réacteur n'est pas suffisant pour expliquer l'accident et que d'autres causes pourraient être à l'origine de la catastrophe. L'avion aurait normalement dû pencher vers la gauche.

Spanair, confrontée à une concurrence rude

Le McDonnell Douglas 82 est un appareil court/moyen courrier de conception ancienne mais encore très utilisé dans le monde. L'avion accidenté à Madrid avait 15 ans d'âge, ce qui n'est pas très vieux dans l'aviation civile, et avait été révisé début 2008, selon Spanair. Un expert aéronautique français a évoqué des avions "très sollicités" en période de vacances d'été. La maintenance était-elle insuffisante ? La compagnie Spanair, confrontée à une concurrence rude et à la hausse des prix du kérosène, a enregistré une perte de 81 millions de dollars au premier semestre et annoncé le licenciement d'un millier de ses employés. Quelques heures avant l'accident de Madrid, ses pilotes menaçaient de faire grève. "Les pilotes avaient dénoncé qu'ils faisaient des journées à la  limite de leurs capacités, avec des horaires abusifs et qu'il manquait de personnel de bord et de maintenance pour faire face à l'activité intense du mois  d'août", a affirmé jeudi le quotidien El Mundo. L'entretien des appareils aurait-il pâti de la conjoncture économique ?

Les deux boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées et devraient être analysées rapidement pour déterminer les raisons de l'accident. Il faudra "mener l'enquête à fond" pour dégager les responsabilités et éviter que "de tels accidents surviennent à nouveau", a souligné la ministre espagnole des Infrastructures. La secrétaire d'Etat à la Communication Nieves Goicoechea a déclaré pour sa part qu'il n'y avait "aucun doute sur le fait qu'il s'agit d'un accident", écartant l'hypothèse d'un acte terroriste, alors que l'organisation basque armée ETA poursuit ses attentats en Espagne. Le constructeur américain Boeing, qui a absorbé McDonnell Douglas en 1997 et assure la maintenance des MD 82, s'est dit pour sa part "prêt à fournir une assistance technique" aux enquêteurs.

Le numéro de vol est le JK 5022. Spanair a mis a disposition des familles  des proches un numéro d'urgence 00 34 800 400 200

D'après agence

le 21 août 2008 à 08:25
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3 Commentaires

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  • Marcelots, le 21/08/2008 à 09h25

    Je trouve que c un crash qui chock des que j ai lus se commentaire j ai ete chocke 153 mort 19 blesse sa chock

  • Laurence, le 21/08/2008 à 09h24

    Mon avis, est que tout ceci est bien triste. c'est une catastrophe pour tous ces gens. Cela ne devrait pas arrivé ce genre de chose. Nul besoin de rappeller qu'un avion ne devrait pas pouvoir décoller sans avoir été vérifié à 100% - voir 200%, ceci pour une raison simple, et humaine qui est la sécurité des gens !! Arrêtons défintivement avec toutes ces histoires de pognon (plus assez de sous, licenciement, s'en suit risque de faillite, et finalement on fait de grosses "conneries" ,on est moins payé alors on n'est pas motivé, on n'a pas le temps, on travaille dans l'urgence, et on ne vérifie "qu'un boulon sur 2") . Ceci est directement de la responsabilité de toute compagnie d'aviation, quelqu'elle soit, responsable de ces voyageurs => les voyageurs ne doivent pas en pâtir. Motiver les gens avec de vrais salaires, pour ne plus travailler dans de mauvaises conditions économiques, à vendre des billets à moindre coût, surtout si ceux ci imposent des risques... Cela ne donne pas envie de reprendre l'avion cette histoire. C'est vraiment de la mauvaise pub. Ces gens ont payé pour "mourir" . Ce qu'on cherche de plus en plus, c'est gagner quelques sous, vendre un trajet à bas prix, vendre pour vendre, et ces gens qui prennent ce billet ne savent pas, mais ils ont payé moins, pour beaucoup de risques. C'est horrible, pour eux, pour les familles et pour la confiance qu'on peut avoir envers les compagnies de charters.

  • La moune, le 21/08/2008 à 09h23

    Non ce n'est pas un crash mystérieux car le manque d'entretien, les négligences, la sollicitation extrême du personnel navigant pour des salaires minima devaient un jour ou l'autre conduire à la catastrophe

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