© TF1-LCIEn plein conflit géorgien, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a signé ce mercredi à Varsovie, avec son homologue polonais Radoslaw Sikorski, un accord sur l'implantation en Pologne d'éléments du bouclier antimissile américain, paraphé la semaine dernière par Varsovie et Washington et source de tensions accrues entre la Russie et l'Occident. Les pourparlers ont duré 15 mois et ont longtemps buté sur les exigences du gouvernement libéral de Donald Tusk, en place depuis novembre. Mais comme l'a reconnu Radoslaw Sikorski, avec le conflit géorgien, "nous avons aujourd'hui une situation internationale nouvelle". Ce qui a poussé les deux parties à mettre de l'eau dans leur vin.
L'accord contient une "déclaration de coopération stratégique", qui selon les Polonais, renforce l'article 5 du traité de l'Otan - article qui stipule que toute attaque armée contre l'une des parties du Traité sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties. "Les Etats-Unis s'engagent à protéger la sécurité de la Pologne et de toute installation américaine sur le territoire de la République polonaise", selon le texte qui a été lu par le Premier ministre polonais, lors de la cérémonie de la signature. "Les Etats-Unis et la Pologne vont travailler ensemble pour contrer les menaces militaires et non-militaires représentées par des parties tierces et minimiser les effets de telles menaces".
L'aigreur de Moscou
Les Etats-Unis vont ainsi pouvoir installer sur le sol polonais à l'horizon 2012 dix intercepteurs capables de détruire en vol d'éventuels missiles balistiques à longue portée. Ce système est lié à un puissant radar qui sera installé en République tchèque. L'accord avec Prague a déjà été signé le 8 juillet. Ces éléments font partie d'un vaste projet destiné à protéger le territoire américain d'éventuelles menaces de pays imprévisibles comme l'Iran.
Si le gouvernement polonais ne cache pas que le conflit entre la Russie et la Géorgie a poussé les Etats-Unis à des concessions pour obtenir la conclusion des négociations, Moscou, pour sa part, proteste. La Russie considère ce projet comme une menace à sa sécurité et prévient qu'elle riposterait à l'installation de contingents américains équipés de systèmes antimissiles dans son ancienne arrière-cour.
Affirmant que l'installation du bouclier constituait un risque supplémentaire pour la Pologne qui a des frontières communes avec la Russie, le gouvernement polonais a réclamé des Etats-Unis des batteries anti-aériennes de dernière génération pour accroître la sécurité de son territoire. Les Etats-Unis ont accepté de déployer une batterie de Patriot opérée par un contingent américain. Peu à peu, l'armée polonaise disposera elle-même de ce système antimissile à moyenne portée. "Les Etats-Unis prévoient de commencer le déploiement en 2009 avec l'intention d'établir une garnison de soutien à la batterie Patriot d'ici à 2012", a d'ailleurs fait savoir, peu après la signature de l'accord Washington-Varsovie, le département d'Etat américain dans un communiqué.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...





