Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, le 8 septembre 2008 © TF1/LCIAu lendemain des discussions de lundi entre Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy sur l'application de l'accord de paix en Géorgie signé en août (lire notre article), les langues se délient et l'on parle, notamment côté français, de négociations "par moments très tendues" Au point que, toujours de source française, le président français aurait menacé de claquer la porte.
L'incident qui a opposé les délégations russe et européenne au cours de la mise au point de l'accord signé au château de Mayendorff dans la banlieue de Moscou, après quatre heures de négociations, porte sur un détail qui a son importance : selon les mandataires français et européens, Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, et son équipe ont, à un moment des discussions, voulu supprimer la partie du texte précisant que les troupes russes devaient se retirer "sur leurs positions antérieures au début des hostilités". En l'occurence, ce point précise que les Russes doivent évacuer le territoire géorgien, Abkhazie et Ossétie du sud mises à part.
"On s'en va"
Là, le sang de Nicolas Sarkozy n'a fait qu'un tour : "On s'en va. Ce n'est pas négociable. Nous ne pouvons pas accepter l'invasion d'un pays indépendant". Et l'un des collaborateurs du président français de préciser : "Le retrait des forces russes sur leurs positions du 7 août, c'est notre ligne rouge, ce n'est pas négociable. Il n'y avait pas de plan B, nous n'aurions vraiment pas hésité à rentrer".
Heureusement, la délégation russe est alors immédiatement allée chercher le président Medvedev, "qui s'était momentanément absenté de la salle et qui a immédiatement appelé au calme". "Il n'a même pas suspendu la séance et tout est rentré dans l'ordre", a poursuivi le membre de la délégation franco-européenne.
| Les Russes partis pour "rester longtemps" |
Au lendemain de l'accord de paix signé entre la délégation européenne et Moscou, Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe a assuré mardi que "les forces russes resteraient longtemps" dans les deux républiques séparatistes de Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud, afin d'empêcher toute nouvelle violence. Moscou va maintenir environ 3.800 soldats dans chacun des deux territoires séparatistes de Géorgie, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, soit 7.600 hommes au total, a pour sa part annoncé le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov. |
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