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Gordon Brown tente de sauver sa tête


le 20 septembre 2008 à 17h38
Temps de lecture
3min
Gordon Brown

Gordon Brown, le 3 mai 2008 / Crédits : TF1-LCI

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EuropeDésavoué par l'opinion publique, critiqué par une majorité des militants travaillistes, le Premier ministre britannique va devoir convaincre au congrès annuel du Labour.

Paradoxalement, la crise économique internationale pourrait jouer en faveur de Gordon Brown : on ne change pas de capitaine quand le navire est en pleine tempête. Un argument que l'actuel Premier ministre britannique et chef du Labour, de plus en plus contesté dans l'opinion et au sein de son propre parti, devrait exploiter à fond à Manchester, où se tient le congrès annuel des travaillistes. "Lorsque les gens me demandent ce que nous ferons pour régler les problèmes du système financier... je vais vous répondre en trois mots : ce qu'il faudra", a-t-il déjà tonné samedi lors d'une séance de questions-réponses avec des délégués du parti travailliste réunis au centre de conférence de Manchester. Gordon Brown a notamment rappelé que son gouvernement avait donné son feu vert au sauvetage de la banque britannique HBOS, rachetée jeudi par sa concurrente Lloyds TSB, en permettant une modification de la loi sur la concurrence.

Quelques heures avant l'ouverture, ce samedi, du grand raout du Labour, le ministre des Affaires étrangères David Miliband, souvent donné comme le successeur putatif de Brown, lui avait apporté son soutien dans une interview au Mirror, un tabloïd de gauche : "J'ai clairement dit que je ne pensais pas l'heure venue pour une élection à la tête (du Labour). Il est temps de s'attaquer aux défis essentiels - c'est pourquoi l'heure est venue de nous rassembler". Un autre rival potentiel, le ministre de la Santé Alan Johnson, avait lui aussi estimé que Brown était le mieux à même de diriger le parti, "pour le moment", tout en apportant un soutien à peine voilé à... David Miliband pour l'avenir. Un autre soutien de poids - bien que hors de la sphère politique - était venu de la part de... J.K. Rowling, l'auteur de la saga des Harry Potter, qui a fait un don d'un million de livres (1,27 million d'euros) au Labour (lire notre article).

28 points de retard sur les conservateurs

Au final, si aucune rébellion ouverte n'est attendue lors du congrès de Manchester, les discours des uns et des autres seront examinés avec attention. Selon un sondage diffusé jeudi par l'institut Ispos Mori, le Labour accuse un retard de 28 points sur les conservateurs, qui réalisent leur score le plus élevé depuis 1979. Quelque 52% des personnes se disant certaines d'aller voter aux législatives se prononcent en faveur des conservateurs, selon cette étude mensuelle, soit quatre points de plus qu'il y a un mois. Le Parti travailliste n'obtient que 24% des voix, un score qui reflète les déboires actuels du Premier ministre confronté à une situation économique difficile, marquée par une inflation record et la mauvaise situation de l'emploi. Et selon un autre sondage publié jeudi, plus de la moitié des sympathisants et membres du parti travailliste souhaitent un retrait de Gordon Brown.

Entraînés par ce désaveu public, inquiets de l'impopularité record de leur chef de file, de nombreux élus travaillistes, députés et même ministres selon la presse, craignent que Gordon Brown les mène droit à la catastrophe lors des prochaines élections générales, au plus tard en mai 2010. L'actuel Premier ministre, qui a succédé à Tony Blair il y a quinze mois, a néanmoins reçu mardi dernier le soutien de la direction du parti qui a rejeté la demande d'un vote pour réformer les instances dirigeantes formulée par une dizaine de responsables. Et récemment, quatre membres du gouvernement ont été démis de leur fonction ou ont quitté leur poste pour avoir demandé l'organisation de primaires au sein du Labour.

D'après agence

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  • Anne Louise : La popularité de Gordon Brown est révélatrice de son manque d'habilité politique. Comment suivre un chef de parti qui manque totalement de charisme, d'authenticité et qui démet de leurs fonctions ses amis politiques lorsqu'ils réclament des primaires. Ce courant est favorable aux conservateurs qui sont beaucoup plus dynamiques, plus modernes et plus à même d'apporter les solutions à la crise économique et financière que la Grande-Bretagne commence à affronter.

    Le 20/09/2008 à 22h12
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