Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, le 8 septembre 2008 © TF1/LCIMalgré les divergences qui persistent, c'est un Nicolas Sarkozy visiblement satisfait qui est sorti de son entretien de près de quatre heures lundi après-midi avec Dmitri Medvedev, son homologue russe, sur la crise caucasienne. "Nous avons obtenu le maximum que nous puissions obtenir en l'état actuel", a souligné le chef de l'Etat, qui s'exprimait en tant que président de l'Union européenne. La délégation européenne, qui comprenait également José Manuel Barroso, le président de la Commission, et Javier Solana, le diplomate en chef de l'UE, et le maître du Kremlin sont convenus d'un accord en quatre points :
- la levée des check points russes entre Poti (ndlr : le port stratégique de la Géorgie sur la Mer Noire) et Sinaki d'ici une semaine.
- le retrait total des troupes russes de Géorgie d'ici un mois, à l'exception de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, les deux républiques séparatistes reconnues unilatéralement le 26 août par la Russie.
- le déploiement de 200 observateurs de l'UE en Géorgie au plus tard le 1er octobre.
- le début des discussions internationales sur l'avenir de la région et sur le droit au retour des réfugiés. Ces négociations sont prévues par le plan en six points Medevedev-Sarkozy du 12 août, pour le 15 octobre 2008 à Genève.
Moscou poursuit sa volonté sur l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie
Dmitri Medvedev s'est également félicité de cet accord, qu'il a néanmoins conditionné au non-usage de la force par la Géorgie, à l'origine de la crise le 8 août dernier avec son intervention contre l'Ossétie du Sud. Mais le président russe a redit que la reconnaissance par son pays de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud était "irréversible". Les négociations internationales de Genève risquent donc de tourner au dialogue de sourds.
D'ailleurs, quelques heures après, Moscou a annoncé, par la voix du ministère russes des Affaires étrangères, qu'elle allait établir des relations diplomatiques avec Abkhazie et Ossétie, en nommant des ambassadeurs sur place, tandis que des sources françaises racontaient que les discussions entre Medvedev et Sarkozy avaient été "par moments très tendues", au point que le président français a menacé de claquer la porte.
Saakachvili salue "un pas en avant"
En vertu de l'accord, Nicolas Sarkozy juge aussi que les négociations sur un nouveau partenariat entre la Russie et l'UE, suspendues la semaine dernière par le Conseil européen, pourraient reprendre "dès octobre". Medvedev a souligné que ce retrait serait soumis à la signature par la Géorgie de "documents juridiquement contraignants, garantissant le non usage de la force contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud".
Après Moscou, la délégation européenne s'est donc s'envolée pour Tbilissi, afin de présenter l'accord au président géorgien Mikheïl Saakachvili. Celui-ci s'est réjoui de l'accord qu'il a qualifié de "pas en avant". La Géorgie peut compter sur la "solidarité" et "l'engagement" de l'UE "en ces heures difficiles", a pour sa part assuré lundi soir le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, également du voyage. La Géorgie, qui a dénoncé lundi devant la Cour internationale de justice (CIJ) des violations des droits de l'homme commises par la Russie aux dépens de populations géorgiennes des provinces séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, avait, avant même l'arrivée de la délégation à Tbilissi, salué le "résultat très important" obtenu par Nicolas Sarkozy à Moscou.
Au même moment, les Etats-Unis disaient avoir décidé de geler un accord sur le nucléaire civil avec la Russie, en retirant son examen de l'ordre du jour du Congrès à cause de la crise géorgienne. Le Pentagone a en outre annoncé lundi que les opérations d'acheminement, au moyen de navires et d'avions militaires américains, de secours à la Géorgie avaient pris fin. Les Nations unies ont de leur côté annoncé que l'armée russe avait empêché lundi un convoi de vivres de l'Onu d'atteindre la ville géorgienne de Gori.
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