© AFP/LOUISA GOULIAMAKILe document sur la future mission européenne en Géorgie, préparé par Javier Solana, est au coeur, ce samedi, des discussions entre les chefs de la diplomatie européenne. Une mission dont les membres de l'UE, réunis depuis vendredi à Avignon, reconnaissent d'ores et déjà que son champ d'action dépendra de la volonté de coopérer qu'afficheront lundi les dirigeants russes. Qu'importe : les préparatifs "sont quasiment faits", a annoncé le diplomate en chef de l'UE en arrivant à la réunion des ministres organisée au Palais des Papes. Selon lui, les Russes sont favorables à cette mission civile européenne, qui serait déployée parallèlement à une mission de l'OSCE.
"Je crois qu'ils comprennent ce que nous voulons et ce qu'ils doivent faire. J'espère beaucoup que lundi sera un succès", a-t-il ajouté, en référence à la visite à Moscou et à Tbilissi de la "troïka" européenne qui comprendra, outre lui-même, le président en exercice de l'UE Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Mais il a reconnu qu'il restait à voir "quand, comment et avec quel mandat" cette mission serait déployée et que cela ne pourrait être décidé "qu'après" la rencontre avec les Russes lundi.
Jusqu'où la mission pourra-t-elle se déployer ?
Selon le document préparé par Javier Solana, la mission européenne pourrait débuter dès octobre avec un déploiement des premiers effectifs internationaux sur la partie du territoire géorgien toujours contrôlée par Tbilissi, avant que ceux-ci ne se déplacent vers l'Ossétie du Sud. Certains ministres européens, comme le Slovène Dimitrij Rupel, souhaitent dès le début un déploiement a minima sur les frontières avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. "Nous ne devrions pas hésiter à demander un retrait total des zones de sécurité. Nos forces de sécurité et de défense ainsi que l'ensemble de nos personnels devraient se positionner sur la frontière, et pas quelque part entre la frontière et une zone de sécurité distante de 15 km de la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie", a-t-il souligné.
En début de semaine, les dirigeants européens avaient mis dans la balance du retrait russe de Géorgie le report des négociations sur un partenariat stratégique entre l'UE et la Russie, dont le premier round est prévu les 15 et 16 septembre. "Tout dépendra de ce qui se passera lundi. Si cela ne se passe pas bien, nous serons obligés de durcir", a prévenu un diplomate européen. "Certains (Lituanie, République tchèque et Pologne) veulent sanctionner les entités qui investissent en Ossétie et en Abkhazie si les choses se passent mal", a-t-il ajouté. A moyen terme, l'horizon retenu par Bruxelles et Moscou pour évaluer les différents aspects de leur coopération est le sommet UE-Russie du 14 novembre, un processus qui occupera également les ministres réunis à Avignon, tout comme le sommet UE-Ukraine du 9 septembre et la réponse que le bloc apportera aux demandes d'adhésion de Kiev et Tbilissi.
Plusieurs ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept se sont aussi prononcés pour l'ouverture d'une enquête internationale sur les responsabilités dans le conflit entre la Géorgie et la Russie, sans cacher que ses résultats auraient une influence sur leurs relations avec Tbilissi. "Le fait de savoir qui est responsable de l'escalade vers une confrontation militaire pèsera", a dit le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, suggérant que celle-ci soit confiée à l'Onu ou à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). A Strasbourg, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a d'ores et déjà qualifié de "désastre humanitaire" la situation en Géorgie, dont il renvoie la responsabilité à l'ensemble des parties.
D'après agence
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