Dmitri Medvedev, sur TF1, le 26 août 2008 © TF1/LCILe discours était double. En cette journée de commémoration des attentats du 11 septembre 2001, le président russe a évoqué jeudi la lutte conjointe avec les Etats-Unis contre le terrorisme. En semblant la soumettre à une condition. Si Dmitri Medvedev a déclaré que la Russie était prête à poursuivre cette coopération, il a estimé que Washington ferait mieux de "coopérer" avec la Russie contre le terrorisme que de développer des relations "avec des régimes pourris qui se lancent dans des aventures militaires". Une allusion évidente à la Géorgie. Le 11 septembre reste "une journée de deuil pour les Etats-Unis et tous les autres pays qui subissent le terrorisme", a ajouté le leader russe, soulignant que "ce défi lancé à l'humanité n'avait pas été surmonté".
Le prédécesseur de Medvedev, Vladimir Poutine, avait été l'un des premiers chefs d'Etat étrangers à envoyer ses condoléances aux dirigeant américains à la suite des attentats du 11-Septembre. Poutine justement endossait, au même moment, le costume du modéré. Avançant simplement que la Russie n'avait pas "d'ambitions impérialistes dont on essaie de nous accuser"... Washington par exemple. Moscou n'a pas l'intention "d'empiéter sur la souveraineté des anciennes républiques de l'URSS", ni "aucune raison pour une guerre froide", a redit le Premier ministre russe.
Pas de rattachement de l'Ossétie du Sud à la Russie
"A l'inverse, nous avons beaucoup de problèmes communs, qu'on ne peut régler de façon efficace que par des efforts communs", a lancé Vladimir Poutine. Comprenez notamment la coopération en matière anti-terroriste, qui pourrait être remise en question par la position américaine face à l'intervention militaire russe en Géorgie début août. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a d'ailleurs accusé, à Varsovie, les Etats-Unis de vouloir encercler la Russie, réaffirmant l'opposition de Moscou à l'installation en Pologne d'éléments du bouclier antimissile américain.
Côté discours modéré, Sergueï Lavrov a exclu un rattachement à la Russie de la région géorgienne séparatiste d'Ossétie du Sud qui, selon lui, ne le souhaite pas. Dans la matinée le président de l'Ossétie du Sud Edouard Kokoïty avait déclaré que la région séparatiste, dont l'indépendance a été reconnue par la Russie fin août, allait entrer dans la Fédération de Russie. Avant de revenir sur ses propos. L'Abkhazie s'apprêtait pour sa part à signer avec Moscou un accord prévoyant l'installation de bases militaires russes sur son territoire.
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