Des blindés russes à Sénaki en Géorgie © DRC'est une première qui semble prouver que, cette fois, la Russie applique le plan : la Géorgie a annoncé mardi après-midi un "premier signe de retrait" des troupes russes entrées en Géorgie le 8 août. Les troupes russes ont en effet quitté le village de Ganmoukhouri près de l'Abkhazie, selon un porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur.
Ce mouvement de troupes intervient au lendemain d'une rencontre à Moscou entre une délégation de l'UE emmenée par Nicolas Sarkozy, et le président russe, Dmitri Medvedev. Des discussions "tendues" au point que le président français a menacé de claquer la porte (lire notre article), mais à l'issue desquelles la Russie s'est finalement engagée à retirer d'ici à un mois toutes ses forces de Géorgie, hors Ossétie du Sud et Abkhazie. Elle s'est engagée à retirer, dans un premier temps et en une semaine, cinq barrages installés près du port stratégique de Poti, dans l'ouest du pays, à plus d'une vingtaine de km au sud de l'Abkhazie.
7.600 hommes resteront en Ossétie du Sud et Abkhazie
Pour autant, au même moment, la Russie a de nouveau montré mardi sa détermination à rester le maître du jeu en Ossétie du Sud et en Abkhazie, les deux républiques séparatistes de Géorgie dont elle a unilatéralement reconnu l'indépendance le 26 août. Comme annoncé la veille, la Russie a ainsi établi mardi des relations diplomatiques avec les deux républiques séparatistes de Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud, dont elle a reconnu le 26 août l'indépendance, lors d'un échange de notes, a annoncé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Tbilissi a aussitôt estimé que Moscou faisait un "pas de plus pour annexer" l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
Et Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe a assuré mardi que "les forces russes resteraient longtemps" en Abkhazie et Ossétie du Sud, afin d'empêcher toute nouvelle violence. Moscou va y maintenir environ 7.600 soldats : 3.800 hommes dans chacun des deux territoires séparatistes, a précisé plus tard le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov.
Une résolution russe à l'ONU pour un embargo sur les armes
Dans la soirée, l'ambassadeur de Russie à l'ONU a en outre annoncé mardi le dépôt d'un projet de résolution au Conseil de sécurité prévoyant d'imposer un embargo sur les armes à la Géorgie. La Russie a conclu des accords de coopération militaire avec les deux républiques, qui prévoient l'installation de bases russes sur leur territoire, a précisé M. Lavrov. Elle disposera ainsi d'une double place forte sur sa frontière sud, en territoire géorgien, alors que cette ex-république soviétique aspire toujours à adhérer à l'Otan, au grand dam de Moscou, et n'a pas renoncé à ses provinces séparatistes.
Washington s'est félicité mardi que la Russie ait "accepté de donner des dates fermes" pour un retrait de Géorgie, mais a estimé qu'elle devait encore remplir tous ses engagements pour mettre fin à la crise.
Le conflit entre Tbilissi et Moscou début août a fait 295 morts côté géorgien, dont 109 civils, et 2.234 blessés, selon un nouveau bilan fourni dans un rapport gouvernemental publié mardi. Selon ce bilan qui ne tient pas compte des victimes en zone occupée par les troupes russes, entrées en Géorgie le 8 août, autour des républiques indépendantistes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, la vaste majorité des blessés (1.964) sont des militaires.
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