Nicolas Sarkozy lors du sommet de l'Europe le 1er septembre 2008 © DRTiraillée entre partisans d'une ligne dure, menés par le Royaume-Uni et les pays de l'Est, et partisans d'une ligne souple, emmenés par le couple franco-allemand, l'Union européenne a adopté, à l'unanimité, lundi soir une déclaration commune a minima contre la Russie. "C'est un message fort d'unité", affirme néanmoins Nicolas Sarkozy, président en exercice des 27.
Les dirigeants européens, qui étaient convoqués à Bruxelles pour ce sommet extraordinaire, condamnent donc "fermement" dans leur texte la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par Moscou. "L'attitude de la Russie a fait naître une profonde préoccupation", lance Nicolas Sarkozy. L'UE redemande également le retrait total des troupes russes du territoire géorgien, en vertu de l'accord de cessez-le-feu en six points négocié en août. Selon la chancelière allemande Angela Merkel, les négociations ne pourront reprendre que quand les troupes russes se retireront des villes géorgiennes de Poti et de Senaki. "C'est le seul préalable", a-t-elle souligné. Nicolas Sarkozy a également annoncé le renforcement de la coopération entre l'UE et la Géorgie.
Sanctions difficiles
Concernant la suite de la crise, Nicolas Sarkozy, José Barroso, le président de la Commission, et Javier Solana, le représentant extérieur, se rendront à Moscou et à Tbilissi le 8 septembre prochain pour superviser l'application du cessez-le-feu. Le président Sarkozy "va à Moscou le 8, si le 8 il devait y avoir une satisfaction complète (sur le retrait des troupes russes), ce report (des négociations) pourrait parfaitement être levé. Et s'il n'y a pas de réponse satisfaisante le 8, on continue à faire pression", a expliqué un haut diplomate français.
En attendant, et aussi longtemps que les troupes russes seront présentes en Géorgie, l'UE a décidé de reporter les prochaines réunions pour négocier un accord de partenariat renforcé avec la Russie, notamment sur l'énergie -le prochain round de négociations est planifié les 15 et 16 septembre, avant le sommet UE/Russie programmé à Nice le 14 novembre.
Mais, alors que la Pologne souhaitait notamment faire déjà annuler ce sommet, aucune référence à d'éventuelles sanctions ne figure dans la déclaration commune finale. Il est vrai que l'Europe est dépendante de la Russie pour son approvisionnement en gaz et en pétrole. Sa marge de manoeuvre pour faire trembler Moscou était donc faible.
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