Victime des bombardements russes à Gori, en Géorgie. © TF1/LCIImpuissants face à la mainmise de Moscou sur sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, les Occidentaux devraient concrétiser leur soutien à la Géorgie mercredi en lui apportant environ deux milliards d'euros pour réparer les dégâts dus au conflit avec la Russie et relancer son économie.
Quelque 67 pays et grandes institutions financières - Banque mondiale, Fonds monétaire international (FMI), Banque européenne d'investissement (BEI) et Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) - ont été invités à la conférence des donateurs pour la Géorgie. Elle sera ouverte mercredi à Bruxelles par le président de la Commission européenne Barroso et la présidence française de l'UE, représentée par son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. La Russie n'a pas été conviée.
Un pays clé pour l'acheminement des hydrocarbures
Les sommes qui seront promises mercredi "sont clairement destinées à la Géorgie dans son intégrité territoriale et nous n'avons pas la même interprétation de cette intégrité pour le moment", a expliqué un responsable de la Commission européenne. Une allusion à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, dénoncée par les Occidentaux. Le gouvernement géorgien avait aussi souhaité ne pas "voir de représentants russes à la conférence", a-t-il reconnu. Une participation russe aurait paru incongrue à cette conférence visant à donner "un signal fort de soutien et de confiance" à la Géorgie: des trois ex-républiques soviétiques du Caucase, ce pays clé pour l'acheminement des hydrocarbures de la Caspienne s'est le plus "occidentalisé", via sa demande d'adhésion à l'Otan et son programme de réformes économiques.
Par les sommes promises, les organisateurs espèrent ainsi combler tous les besoins, évalués à 2,38 milliards d'euros sur trois ans par une mission d'évaluation menée au pas de course par l'UE et la Banque mondiale début octobre. Cet argent, destiné à des fins "exclusivement civiles", doit permettre à l'économie géorgienne, très dépendante des investissements étrangers, de revenir fin 2009/début 2010 à son niveau de croissance d'avant le conflit, soit quelque 10,5% en rythme annuel. Il doit aussi aider à intégrer les quelque 65.000 personnes déplacées par le conflit.
Quant aux Abkhazes et Ossètes, ils pourraient théoriquement bénéficier eux aussi d'une partie de l'aide internationale, explique un responsable européen. Mais il faudrait pour cela "que les autorités de facto (de ces territoires) en permettent l'accès et qu'elles ne répondent pas simplement: 'la Fédération russe s'occupe de tout, ne vous inquiétez pas'", souligne-t-il.
(D'après agence)
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