Jaroslaw Kaczynski, le premier ministre polonais © LCILech Kaczynski est devenu un europophile convaincu en quelques heures, au point de défier son gouvernement. D'ordinaire - entre autres - opposé à l'entrée de son pays dans l'euro, le président polonais a fait des pieds et des mains pour se rendre au sommet européen qui s'est ouvert mercredi après-midi à Bruxelles. Mais voilà, la tradition polonaise stipule que c'est le gouvernement qui s'occupe de la politique étrangère. D'autant plus lorsque la "cohabitation" a lieu. Le président conservateur s'est ainsi vu refuser ces derniers jours par le gouvernement libéral tout avion officiel pour se rendre à ce sommet. Mais ce refus n'a pas arrêté Lech Kaczynski, qui a loué un avion privé pour Bruxelles.
"Le programme de la visite du président est conforme à celui du Conseil européen", a assuré peu avant le décollage le bureau de presse de Lech Kaczynski. Mais le Premier ministre libéral Donald Tusk, qui est à Bruxelles depuis mardi, a indiqué mercredi sur place que "le président allait à Bruxelles" mais pas au sommet. Entre les deux, un responsable au Conseil européen à Bruxelles a indiqué qu'à la mi-journée les organisateurs du sommet n'avaient toujours pas reçu de demande d'inscription de Lech Kaczynski sur la liste des personnalités accréditées.
Des Polonais fatigués de la bagarre
La pratique avait toujours été en Pologne que le chef du gouvernement représente le pays aux sommets européens. Mais la situation a changé quand Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président Lech Kaczynski, est devenu Premier ministre en juillet 2006. Il a alors délégué Lech aux sommets jusqu'à sa défaite électorale de l'automne 2007.
Selon deux sondages publiés mercredi, l'écrasante majorité des Polonais estiment que la bagarre entre leur président et leur Premier ministre compromet largement l'image de la Pologne à l'étranger. Ils sont 85% de cet avis, selon un sondage de l'institut PBS, et 77% selon un second de l'institut GfK. Quelque 83% des Polonais disent en éprouver de la honte, selon le sondage PBS réalisé pour le quotidien Gazeta. Mais pour 63% des personnes interrogées par PBS, c'est le Premier ministre qui a raison dans cette querelle contre 26% qui estiment que c'est le président qui devrait conduire la délégation polonaise.
D'après agence
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