Les troupes russes ont quitté les zones tampons

le 08 octobre 2008 à 13h55 , mis à jour le 08 octobre 2008 à 21h44

Le retrait promis par Dmitri Medvedev est désormais effectif, deux jours avant la date butoir prévue par les accords du 8 septembre.

Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev à Evian (8 octobre 2008)Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev à Evian (8 octobre 2008) © TF1/LCI

Alors que la Russie retirait mercredi ses forces armées de Géorgie, régions séparatistes exceptées, son président était en France pour la première fois depuis le conflit en août. Et au moment même où il rencontrait Nicolas Sarkozy à Evian, ce retrait était sur le point de s'achever. Illustration de cette parfaite simultanéité, moins de deux heures se sont écoulées entre le moment où Dmitri Medvedev promettait, aux côtés de Nicolas Sarkozy, un départ des troupes russes "avant minuit", et l'annonce par les autorités géorgiennes que le retrait était effectif. Selon les termes des accords conclus le 8 septembre à Moscou entre les deux chefs d'Etat, la Russie avait jusqu'à vendredi pour se retirer de ces fameuses zones tampons.

Les troupes russes sont donc désormais présentes dans les seules zones séparatistes géorgiennes, toujours revendiquées par Tbilissi, tandis que Moscou refuse toujours de reconnaître l'intégrité territoriale de Géorgie. L'annonce du retrait faite depuis Evian par Dmitri Medvedev s'est par ailleurs accompagnée d'une ultime pique à destination des autorités de Tbilissi :"Aujourd'hui, alors que dans les zones de sécurité le long des frontières de la Géorgie avec l'Ossétie du sud et l'Abkhazie sont déployés des observateurs de l'Union européenne, nous aimerions qu'ils remplissent leur fonction de garants (...) afin d'empêcher toute provocation du régime de Tbilissi", a souligné Dmitri Medvedev.

"Le rôle constructif de l'Union européenne"

De son côté, le chef de l'Etat français a semblé céder à une demande russe en soulignant que les discussions sur le Caucase, à Genève à partir du 15 octobre, "doivent associer tous les acteurs concernés", laissant entendre que les Ossètes du sud et les Abkhazes pourraient y être admis. Moscou considère que, sans eux, les pourparlers qui doivent s'engager à Genève au niveau des experts n'ont aucune chance d'aboutir.

Le président russe a par ailleurs salué "le rôle constructif de l'Union européenne" dans le règlement de cette crise. Un rôle de médiateur contrastant, selon lui, avec celui "d'autres forces dans le monde qui ne voulaient ou ne pouvaient pas" l'assumer - une allusion claire aux Etats-Unis.

Autre signe de détente entre l'Union européenne et la Russie, Nicolas Sarkozy a estimé que le retrait russe ouvrait la voie à la reprise des négociations en vue d'un accord stratégique UE-Russie. Le gel de ces discussions était la principale mesure prise à l'encontre de la Russie par les Européens, lors d'un sommet tenu au début du mois de septembre sur le conflit en Géorgie. Il a proposé par ailleurs la tenue à la fin 2009 d'un sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe afin de discuter d'une remise à plat de la sécurité sur le continent européen. 

D'après agence

le 08 octobre 2008 à 13:55
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