La mère meurtrière avait averti son psychiatre

le 11 décembre 2008 à 14h12 , mis à jour le 11 décembre 2008 à 14h42

Geneviève Lhermitte, jugée pour avoir égorgé ses cinq enfants, avait évoqué son projet de les tuer et de se suicider dans une lettre adressée à son psychiatre la veille du drame.

genevieve lhermitteGeneviève Lhermitte © TF1/LCI

"J'ai des idées noires. Je sais que ce sont des idées suicidaires qui vont m'entraîner, moi, et je sais que je vais prendre mes enfants parce qu'il n'y a pas d'avenir". Ces mots terribles car prémonitoires avaient été écrits par Geneviève Lhermitte, cette Belge de 42 ans jugée devant la cour d'assises de Nivelles pour avoir égorgé ses cinq enfants, dans un courrier qu'elle avait remis dans la matinée du 27 février 2007 à la polyclinique de Nivelles, à l'intention de son psychiatre. Le lendemain, Geneviève Lhermitte passait à l'acte, dans des conditions effroyables sur lesquelles elle est revenue au début de son procès.

Elle a d'ailleurs craqué mercredi lorsqu'un médecin légiste a détaillé à l'audience, photos insoutenables à l'appui, les blessures qu'elle leur a infligées en les égorgeant. La mère a dû faire des "efforts physiques considérables" pour maîtriser et tuer les deux aînées, Yasmine (14 ans) et Nora (12 ans), a expliqué le médecin. Le praticien a ajouté que les enfants, tués avec un couteau de boucher, étaient décédés dans des souffrances "multiples et prolongées" et dans un état de grande angoisse. S'effondrant sur son banc, criant, pleurant, Geneviève Lhermitte a été emmenée en dehors de la salle par la Croix-Rouge.

Un premier courrier alarmant daté du 13 février

Ce jeudi, la lettre qu'elle avait adressée à son psychiatre, le Dr Diderick Veldekens, a été lue à haute voix par le président de la cour d'assises. La missive venait d'être remise au tribunal par le médecin lui-même, en même temps qu'il témoignait à la barre. Jusque-là en effet, selon les médias belges, jamais le psychiatre n'avait transmis cette pièce à l'instruction.

Cet appel de la mère de famille, décrite comme "fusionnelle" par son entourage, à son psychiatre, n'était pourtant pas le premier du genre. Suite à un premier courrier alarmant le 13 février 2007, le Dr Diderick Veldekens avait déjà reçu sa patiente. Mais, a-t-il précisé devant le tribunal, ce fameux 27 février, il n'avait pu recevoir Geneviève Lhermitte, en raison de son emploi du temps.

Geneviève Lhermitte, pour sa part, ne nie pas les faits, bien au contraire, mais en rejette la responsabilité sur son entourage. Cette ex-enseignante au caractère fragile, dépressive depuis des années, explique depuis le début du procès avoir été "poussée à bout" par la présence "envahissante" dans sa sphère familiale du docteur Michel Schaar, le "père adoptif" de son mari Bouchaïb Moqadem, qui subvenait à leurs besoins financiers et qui vivait dans la même maison qu'eux. Elle reproche aussi à son mari d'avoir été insensible à sa détresse. Mercredi, lorsqu'elle s'est effondrée en pleurs à l'évocation du massacre de ses enfants, elle a d'ailleurs crié, selon le journal Le Soir : "Je n'ai pas tué mes enfants", et "arrêtez, arrêtez, c'est la faute de mon mari et du docteur Schaar, un salaud, un menteur".

D'après agence

le 11 décembre 2008 à 14:12
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Papillon, le 11/12/2008 à 16h12

    Cette femme est à enfermer pour la vie dans un U.M.D.:

  • Nanie, le 11/12/2008 à 15h26

    Quelle horreur! le psychiatre a une responsabilité, il n'a pas fait ce qu'il aurait dû faire en tout premier, à savoir avertir la protection à l'enfance afin que les enfants soient retirés de toute urgence de chez cette égorgeuse... Il mérite d'être sanctionné pour non assistance à enfants en danger de mort.

  • Cecile, le 11/12/2008 à 14h51

    C'est facile d'accuser les autres, dire que c'est la faute de son mari et du docteur c'est bcp trop facile. C'est elle qui a pris un couteau et qui a massacré ses enfants, certes elle était hyper dépressive et à bout, mais ça reste quand même elle la meutrière et elle n'a aucune excuse, il faut qu'elle assume son acte jusqu'au bout. c'est impardonnable. son mari aussi est responsable il n'a pas vu sa détresse, mais bon je continue de dire que c'est elle et elle seule qui a tué ses enfants.

  • Mika, le 11/12/2008 à 14h32

    Comme quoi les psychiatres commettent de grosses" et lourdes erreurs de jugement,il suffit de lire les journaux, Ceci dit il serait bon que les intéréssés fautifs, rendent des comptes a la justice, car se tromper et une chose mais souvent libérer des assassins en puissance c'est une faute qui doit etre sanctionnée

Lire tous les commentaires

      logAudience