Le mari de l'égorgeuse n'avait rien vu venir

le 09 décembre 2008 à 19h34 , mis à jour le 09 décembre 2008 à 19h38

Le mari de Geneviève Lhermitte, jugée en Belgique pour avoir égorgé ses enfants, a nié les appels de détresse évoqués la veille par son épouse pour expliquer son geste.

genevieve lhermitteGeneviève Lhermitte © TF1/LCI

Le mari de Geneviève Lhermitte, cette femme de 42 ans jugée depuis lundi en Belgique pour l'assassinat de ses cinq enfants en février 2007, a assuré mardi n'avoir "jamais remarqué" les problèmes familiaux évoqués la veille par son épouse pour expliquer son terrible geste. "Ma femme ne m'a jamais montré que quelque chose n'allait pas", a assuré Bouchaïb Moqadem, premier d'une centaine de témoins qui seront entendus au cours des deux semaines du procès de sa femme devant la cour d'assises de Nivelles.

Ce Marocain de 44 ans, aujourd'hui "brisé", a nié avoir été le mari violent, souvent absent et insensible à la détresse de sa femme qu'avait décrit Geneviève Lhermitte. Niant avoir jamais porté de coups à son épouse, il a assuré que la "seule violence, c'est le massacre avec torture" des enfants. Il a toutefois reconnu que Geneviève Lhermitte "s'occupait de tout" dans la maison.

"Je voudrais te dire que (...) je regrette"

La veille, cette mère de famille, décrite comme "fusionnelle" par son entourage, avait raconté comment elle avait successivement égorgé ses quatre filles et son fils, âgés de 3 à 14 ans, au domicile familial de Nivelles. Cette ex-enseignante au caractère fragile, dépressive depuis des années, avait expliqué avoir été "poussée à bout" par la présence "envahissante" dans sa sphère familiale du docteur Michel Schaar, le "père adoptif" de Bouchaïb Moqadem, qui subvenait à leurs besoins financiers et qui vivait dans la même maison qu'eux. Pour sa part, mardi, Bouchaïb Moqadem a estimé que la présence du docteur Schaar ne posait "aucun problème" : "Il était de la famille, ce n'était pas un étranger. Il n'a fait que du bien".

"Jamais Geneviève Lhermitte ne m'a dit que je l'exaspérais", a également assuré Michel Schaar, appelé à témoigner dans l'après-midi. "J'ai toujours considéré et aimé Geneviève Lhermitte comme un père aime sa belle-fille. Et les enfants comme un grand-père", a ajouté le médecin qui a confirmé qu'il "assumait" depuis toujours les besoins quotidiens du couple. Interrogé par un avocat de l'accusée sur les raisons de cette générosité - Geneviève Lhermitte le soupçonne d'entretenir un amour platonique pour son mari -, le docteur Schaar qui avait appris sa stérilité à la fin de ses études de médecine, a répondu : "La contrepartie, c'était le sourire des enfants".

En fin d'audience, Geneviève Lhermitte a tenu à s'adresser solennellement à son mari, avec lequel elle avait eu plus tôt un échange tendu en plein tribunal, et dont elle veut divorcer : "Je voudrais te dire que ce que j'ai fait à nos enfants, je le regrette. Je te demande pardon parce que je sais que ça a brisé ta vie".

D'après agence

le 09 décembre 2008 à 19:34
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