© AFP| Les précisions de notre correspondant à Bruxelles |
Les cinq partis politiques qui formaient la coalition sortante en Belgique sont parvenus mardi à un accord sur la formation d'un nouveau gouvernement qui sera dirigé par le chrétien démocrate flamand Herman Van Rompuy.
Le roi Albert II a reçu Van Rompuy au château de Laeken et l'a nommé Premier ministre, a annoncé le palais royal. Herman Van Rompuy avait été chargé dimanche de former un nouveau gouvernement après la démission, le 19 décembre, d'Yves Leterme à la suite d'accusations d'ingérences politiques dans l'examen judiciaire du plan de sauvetage de la banque Fortis.
"Dans la stabilité et la sérénité"
Les cinq partis qui formaient la coalition sortante ont renouvelé leur accord après une réunion de trois heures. "Nous avons un accord. Rien n'est simple dans notre pays, mais l'important est d'avoir un gouvernement pour diriger avec sérieux, dans la stabilité et la sérénité", a dit à la presse Elio di Rupo, dirigeant du Parti socialiste francophone.
Outre les chrétiens démocrates flamands du CD&V, la coalition regroupe le Parti libéral flamand (VLD), les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), les chrétiens démocrates francophones (CDH) et le Parti socialiste francophone. Un vote de confiance devant le Parlement devrait avoir lieu dans le courant de la semaine, dit-on de sources politiques. Didier Reynders, chef de file des libéraux francophones, qui conservera le ministère des Finances, a dit avoir bon espoir que le gouvernement soit mis sur pied "cette année", soit d'ici mercredi minuit.
Les 3e Premier ministre depuis les législatives
Agé de 61 ans, président de la Chambre basse du parlement belge, Herman Van Rompuy est un intellectuel adepte de l'orthodoxie budgétaire - réputation qui remonte à son passage à la tête du ministère du Budget, entre 1993 et 1999. Il avait fortement réduit la dette belge qui représentait 130% du PIB à son entrée en fonctions. Il est le troisième Premier ministre en Belgique depuis les élections législatives de juin 2007 et son programme s'annonce chargé.
Sur le plan politique, Van Rompuy, qui est plutôt apprécié des francophones, aura la lourde tâche d'apaiser les tensions entre la majorité flamande et la minorité wallonne, qui empoisonnent la vie politique belge depuis des mois. Le gouvernement devra aussi mettre en oeuvre le plan de relance de l'économie - qui menace de basculer dans la récession au quatrième trimestre - trouver des accords sur les salaires et une issue à l'affaire Fortis.
Les actionnaires de la banque belgo-néerlandaise ont obtenu que la justice bloque le rachat des activités belges de Fortis par BNP Paribas. Le gouvernement d'Yves Leterme avait prévu un plan de relance de l'économie d'un montant de deux milliards d'euros, comprenant notamment des baisses d'impôts et l'accélération de projets d'infrastructure.
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