L'Europe centrale frappée de plein fouet

Par L.D. (Avec agence), le 06 janvier 2009 à 10h48 , mis à jour le 06 janvier 2009 à 17h10

L'Ukraine a annoncé mardi une baisse drastique des livraisons de gaz par la Russie qui sont passées à 10% des volumes prévus.

Conduite de gaz naturelConduite de gaz naturel © TF1/LCI

Le scénario était redouté par toute l'Europe. Il semble qu'il soit en train de se réaliser : première conséquence du conflit gazier qui oppose Moscou et Kiev sur le prix du gaz, l'Europe centrale est frappée mardi de plein fouet par une baisse des livraisons de gaz russe qui sont passées à environ 10% des volumes prévus.

  • Les enjeux cachés de la guerre du gaz

    Risquons-nous de manquer de gaz ? Jusqu'à quel point sommes-nous dépendants de la Russie ? Le point sur ce qu'il faut savoir pour comprendre la "guerre du gaz".

    Publié le 03/01/2009 Les enjeux cachés de la guerre du gaz
Plus d'infos

 
C'est la société ukrainienne Naftogaz qui a annoncé la réduction drastique des livraisons, à 92 millions de m3/jour contre 221 millions de m3 lundi. Dans la foulée, la Bulgarie, qui assure le transit du gaz russe vers la Macédoine, la Grèce et la Turquie, confirmait l'information, suivie par la Hongrie, la Roumanie et la Croatie. Les pays principalement concernés sont l'Autriche, qui dispose de l'une des trois plus importantes plateformes gazières d'Europe continentale, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, la Croatie, la Macédoine, ainsi que la Grèce et la Turquie. Plus tard dans la journée, ce sont la Pologne et la Slovénie qui ont signalé une baisse très sensible de leur approvisionnement. Le ministre hongrois de l'Energie a même affirmé mardi après-midi que les livraisons de gaz russe à la Hongrie via l'Ukraine ont été totalement interrompues. Tous ces pays doivent d'ores et déjà puiser dans leurs réserves pour compenser la brutale chute de l'approvisionnement en gaz russe, dont nombre de pays sont fortement dépendants. Cela au pire moment, alors qu'une vague de froid exceptionnelle frappe actuellement toute l'Europe. Un phénomène météorologique qui provoque une hausse de la consommation d'énergie. 
 
Toutefois, en France, selon le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, le conflit gazier russo-ukrainien "n'a aucun impact sur les approvisionnements". En Allemagne, le ministre de l'Economie, a appelé mardi dans la presse à la reprise des négociations entre la Russie et l'Ukraine sur le gaz. Il devait recevoir mardi le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev, en tournée européenne pour défendre le point de vue russe. Mais, preuve que le problème peut rapidement s'étendre à l'Europe de l'ouest, l'Allemagne a fait état d'une baisse de pression dans l'un de ses gazoducs acheminant du gaz russe mardi après-midi.

Moscou accuse Kiev
 
Au cours d'une entrevue lundi avec le patron du groupe russe Gazprom, le chef du gouvernement russe, Vladimir Poutine, lui avait demandé d'entamer dès mardi des réductions de livraison de gaz. La Russie a coupé le 1er janvier l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un accord sur le prix des livraisons pour 2009 et sur des arriérés de paiement. Or Moscou fournit aux Européens 40% de leurs importations gazières, qui transitent à 80% par l'Ukraine. Moscou et Kiev se rejettent mutuellement la responsabilité, la Russie accusant l'Ukraine de "voler" une partie du gaz russe transitant sur son territoire vers le reste de l'Europe, tandis que l'Ukraine dénonce "les prix prohibitifs" exigés.

Les coupures de gaz russe à certains pays membres de l'Union européenne sont "complètement inacceptables" et les livraisons doivent reprendre "immédiatement", ont estimé mardi la présidence tchèque de l'UE et la Commission européenne dans un communiqué. "Sans alerte préalable et en claire contradiction avec les assurances données à l'Union européenne par les plus hautes autorités russes et ukrainiennes, les approvisionnements de gaz à certains Etats membres ont été coupées de manière substantielle. La situation est complètement inacceptable", indique le communiqué. Le vice-président du géant gazier russe Gazprom, a pour sa part accusé mardi l'Ukraine d'avoir fermé trois des quatre gazoducs d'exportation traversant son territoire, perturbant gravement l'approvisionnement en gaz de l'Europe.

Par L.D. (Avec agence) le 06 janvier 2009 à 10:48
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Seth, le 06/01/2009 à 11h34

    La guerre est la

  • Seth, le 06/01/2009 à 11h33

    La guerre avec la russie a commence pauvre france qui ne pense qu a elle nos reserves de gaz sont securisantes d apres notre gouvernement et la solidarite europeenne ou est elle

Lire tous les commentaires

      logAudience