L'Europe s'organise en attendant le retour du gaz russe

le 10 janvier 2009 à 16h07 , mis à jour le 10 janvier 2009 à 16h21

La Russie et l'Union européenne ont signé samedi un accord sur le contrôle du transit de gaz russe via l'Ukraine.

Installation gazièreInstallation gazière © TF1/LCI

Alors que le conflit entre Kiev et Moscou reste enlisé, la Russie et l'Union européenne ont signé samedi un accord sur le contrôle du transit de gaz russe via l'Ukraine, afin que les pays européens cessent de pâtir du bras de fer. Signature qui a eu lieu dans le cadre de la visite du Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, président en exercice de l'UE, à son homologue russe Vladimir Poutine. En tout état de cause, à partir de la reprise des livraisons, il faudra un délai de trois jours pour acheminer le gaz vers les pays clients. Et Vladimir Poutine assure déjà que la Russie reprendra ses exportations vers l'Europe à l'arrivée des observateurs européens... mais les suspendra de nouveau si Kiev en "vole". Poursuivant sa mission diplomatique, le Premier ministre tchèque était attendu samedi soir à Kiev...

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En attendant, ce week-end, l'arrêt des livraisons de gaz russe, au plus fort de l'hiver, continue d'affecter fortement l'Europe, notamment des pays d'Europe centrale et balkanique, ainsi que la France. Des mécanismes d'entraide en faveur des pays les plus touchés, comme la Serbie, la Bosnie et la Slovaquie ont été mis en place. La priorité restant aux besoins des ménages, au prix dans plusieurs pays de restrictions à la consommation industrielle.
 
 - ALLEMAGNE - Approvisionnée en gaz russe via la Biélorussie, l'Allemagne a de nouveau livré samedi 3 millions de m3 de gaz à la Serbie et une petite quantité à la Croatie.
 
 - AUTRICHE - L'approvisionnement en gaz des ménages est assuré pour trois mois, selon le ministre de l'Economie, Reinhold Mitterlehner. Le pays possède 1,7 milliard de m3 de réserves. Plusieurs centrales au gaz sont passées au fioul et aucune restriction à la consommation n'a été ordonnée à ce stade.
 
 - BOSNIE - Totalement privée de gaz en l'absence de réserves, la Bosnie voit toujours un tiers de sa population privée de chauffage, même si certaines unités de chauffage urbain, comme à Sarajevo, sont passées au mazout. La situation des ménages s'est cependant améliorée samedi grâce à la livraison de 20.000 m3/heure par la Serbie et aussi de fournitures hongroises (de 1 à 1,5 million de m3).
 
 - BULGARIE - Totalement privée de gaz russe, qui représente 92% de sa consommation, la Bulgarie continuait de grelotter samedi en attendant que les systèmes de chauffage urbain passent au mazout. Plus de 220 usines étaient au ralenti ou à l'arrêt. Le pays, qui peut, selon Bulgargaz, assurer 25 à 30% de ses besoins pendant 110 jours avec les réserves du dépôt de Tchiren, a commencé à recevoir samedi du gaz de l'Ukraine, à raison de 2 millions de m3/jour.
 
 - CROATIE - Le gouvernement a proclamé l'état d'urgence énergétique et totalement coupé le gaz aux plus grands consommateurs industriels. Grâce à une production locale couvrant 60% des besoins, la Croatie peut garantir la fourniture de gaz aux ménages, hôpitaux, écoles et autres institutions publiques pendant trois semaines, selon les autorités. Zagreb a commencé samedi à importer du gaz d'Allemagne et de Hongrie.
 
 - FRANCE - La société Gaz de France a évoqué une tension "sans précédent" alors que l'absence de livraisons de gaz russe a provoqué une baisse de 15% des approvisionnements totaux au moment où la consommation flambait de 40% à cause du froid. Son PDG, Gérard Mestrallet, a averti que GDF pouvait faire face à court terme mais ne pourrait "pas tenir tout l'hiver ainsi".
 
 - GRECE - La Grèce continue de puiser dans ses réserves pour compenser l'arrêt des livraisons russes, qui représentent 75% de sa consommation de gaz mais seulement 7,5% de ses besoins en énergie. Deux cargos amenant du gaz liquéfié et devant couvrir la consommation jusqu'à la fin janvier sont attendus les 11 et 20 janvier.
 
 - HONGRIE - Entièrement privée de gaz russe arrivant via l'Ukraine, la Hongrie, qui consomme quotidiennement environ 65 millions de m3 de gaz, dont 9 millions de production propre, continue à puiser dans ses réserves d'environ 3,4 milliards de m3. Les seules restrictions frappent les consommations supérieures à 2500 m3/h, tandis que le maire de Budapest a demandé aux habitants de renoncer à circuler en voiture. La Hongrie a reçu samedi de l'Autriche 4 millions de m3 et en a livré 4,7 millions à la Serbie.
 
 - ITALIE - Privée de gaz russe, soit 27% de ses importations totales, l'Italie compense en puisant dans ses réserves, suffisantes pour deux mois, selon le ministère du Développement économique. Le gouvernement veut hâter la levée des obstacles à l'extraction de gaz dans le nord de l'Adriatique afin de diminuer la dépendance à l'égard des importations.
 
 - POLOGNE - La Pologne continue de recevoir 84% des niveaux habituels de gaz russe principalement via le Bélarus, les livraisons par cette voie ayant été augmentées. L'opérateur polonais Gaz-System n'a pas annoncé de restriction pour l'industrie ce week-end.
 
 - REPUBLIQUE TCHEQUE - La République tchèque, qui a pris des dispositions pour se faire livrer du gaz norvégien, selon l'opérateur RWE Transgas, a fourni 4 millions de m3 de gaz à la Slovaquie.
 
 - ROUMANIE - Entièrement privée de gaz russe, la Roumanie a converti certaines de ses centrales thermiques au mazout. Le groupe distributeur allemand E.On a appelé l'industrie à économiser les ressources et mis en garde contre des "difficultés d'approvisionnement" en cas de prolongement de la crise. Selon Bucarest, le pays dispose de 60 à 80 jours de réserves.
 
 - SERBIE - La situation est redevenue normale pour les particuliers en Serbie, très affectée par le gel des livraisons russes, grâce à la conversion d'unités au fioul et à la fourniture 1,7 million de m3 par la Hongrie et de trois millions par l'Allemagne. Selon Belgrade, écoliers et lycéens et étudiants étant en vacances d'hiver, les besoins en chauffage devraient être assurés pour les cinq ou sept prochains jours.
 
 - SLOVAQUIE - Elle aussi entièrement privée de gaz russe, son unique fournisseur, la Slovaquie a décrété "l'état d'urgence énergétique" et maintenait samedi de strictes restrictions pour le secteur productif, à défaut de quoi les réserves seraient épuisées en moins de dix jours y compris pour les ménages, a indiqué la société SPP. La République tchèque a promis de lui livrer 4 millions de m3, soit 15% de sa consommation quotidienne.
 
 - SLOVENIE - Malgré l'arrêt de livraisons de gaz russe, qui représente 60% de son approvisionnement, 40% étant assurés par l'Algérie, la Slovénie parvient à couvrir tant la consommation des ménages que celle des entreprises et des administrations et cela en puisant largement dans ses réserves. Selon l'opérateur Geoplin, ces réserves sont encore suffisantes jusqu'au début de la semaine prochaine.

D'après agence

le 10 janvier 2009 à 16:07
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